La vie en sourdine, de David Lodge

la vie en sourdine, David Lodge

A propos de la vie en sourdine, c’ est simple et clair, ô combien : lâchez tout ce que vous êtes en train de faire et précipitez-vous  pour l’acheter ou le lire en bibliothèque. Urgent.

Le narrateur, Desmond, est un ex-professeur de linguistique, jeune retraité, malheureusement atteint de dégénérescence auditive, ce qui constitue un des ressorts tragicomiques du roman : comique, en raison des quiproquo nombreux occasionnés par cette surdité et de la distanciation avec laquelle l’auteur raconte les mésaventures de son héros ; tragique, en raison de la réflexion douloureuse que mène l’auteur sur cette infirmité comique : un aveugle attendrit, un sourd fait rire. Poursuivi par une étudiante qui veut faire de lui son directeur de thèse, marié à une créatrice d’entreprise en pleine ascension professionnelle, Desmond tue le temps en rendant visite à son vieux papa dans son miteux petit pavillon londonien, en retournant avec amertume dans une fac qui se passe très bien de lui, et en subissant avec résignation, faute de mieux, les mondanités parfois culturelles de son épouse.

La surdité du héros, élément déclencheur du roman, apparait comme un avant gout de la mort, le silence qui nous engloutira tous : du reste, son père meurt, il en a fini avec sa vie universitaire, avec la recherche, voire avec sa vie sexuelle, le monde lui devient, stricto sensu, de moins en moins intelligible… Quelle raison peut-il avoir de vivre, puisque tout ce qui faisait sa vie s’éloigne inexorablement ?

Mais c’est sinistre, vous entends-je penser. Sinistre, une roman de David Lodge ? Impossible. Impossible, à cause de l’humour grinçant, du style limpide qui nous précipite vers la page suivante et de l’analyse impitoyable, jouissive et joyeuse des mondanités superficielles, loisirs bobos, universitaires médiocres, art contemporain et autres travers de notre monde, férocement évoqués via situations cocasses, jeux de mots, et toujours une petite touche d’érotisme souriant.

A lire, et plutôt 10 fois qu’une.

La vie en sourdine, David Lodge – BNWZ

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