Un tocard sur le toit du monde, de Nadir Dendoune

Un tocard sur le toit du Monde

Un tocard sur le toit du monde, c’est l’histoire d’un imposteur culotté : un homme qui s’est inventé une expérience d’alpiniste pour se glisser dans un groupe d’alpinistes chevronnés et escalader l’Everest.

Nadir Dendoune, journaliste élevé dans le 93, d’origine franco-algérienne revendiquée avec passion, se lance dans une folle entreprise : escalader l’Everest. Il n’a aucune expérience en alpinisme ? parfait : ça n’en sera que plus stimulant.
Le voilà parti à Katmandu. Face aux organisateurs d’expéditions en haute montagne, il s’invente une expérience d’alpiniste. Un tocard sur le toit du monde est le récit de son expédition folle, courageuse, entêtée : Nadir ne nous cache rien de ses fanfaronnades, de ses échecs, de son découragement.
Le récit se lit avec stupéfaction : dans sa spontanéité, il semble que vous ou moi aurait pu l’écrire, pour courir après cette idée folle : sauf qu’au moment où, prêt à abandonner, il comprend que ses compagnons d’escalade ont prévu son abandon, parce qu’ils le considèrent comme un tocard – lui, Nadir, il continue : en aurions-nous fait autant ?  Même si l’aventure se transforme en un véritable supplice, au moral comme au physique.
Au physique, parce que les conditions sont incroyablement dure en altitude ; au moral, parce que même en altitude, les clivages sociaux perdurent. Avec son récit, on est loin des habituels récits de voyage ou d’escalades. Foin du paternalisme ou de l’héroïsme de pacotille, Nadir décrit le monde des grimpeurs tels qu’il est – impitoyable, aussi odieux que le monde de la finance ou la bourgeoisie de province.
Une question : comment Nadir a-t-il réussi à réaliser ce qui est un exploit physique ?
Il a, en fait, découvert tout seul “le petit secret de Raphael Nadal“. Il n’a pas pensé à l’Everest qu’il devait atteindre. Il a juste pensé à faire 30 pas. 30 pas, ce n’est pas beaucoup. Tout le monde peut faire 30 pas. Quand il a fait ses 30 pas, il en a refait 30 autres. Et ainsi de suite. Plutôt que de laisser l’énormité de son objectif l’écraser, il a manipulé son epsrit et son corps. Il s’est investi dans le présent, sans se laisser envahir par des émotions troublantes en se projetant dans l’avenir.
A force de faire 30 pas, il s’est trouvé au sommet de l’Everest. Le récit de son combat contre l’épuisement et le découragement est formidable.
Autre chose : ce livre m’a permis de découvrir une réalité de l’alpinisme, au delà de l’exploit physique : l’industrie qui s’est développé autour et les Sherpas, qui réalisent les escalades nettement plus souvent que les alpinistes chevronnés, et dont on n’entend jamais parler. Le point de vue décalé de Nadir dépoussière carrément le sujet.

Pour en savoir plus sur ce personnage et son incroyable aventure, je lui ai posé plusieurs questions par mail.

Comment vous est venue l’idée d’escalader une montagne, vu que vous n’aviez pas d’expérience de l’alpiniste ? Et pourquoi l’Everest ? (pourquoi pas le tour du monde en bateau, dans le genre défi impossible )
Lors de mon tour du monde à vélo (2001-2002, lutte contre le Sida), je suis passé par le Népal. J’ai fait un trek de quelques jours et j’ai beaucoup aimé marcher et puis, j’avais l’impression de ne pas souffrir alors que je voyais les autres en baver. Là-bas, j’ai rencontré une journaliste, qui l’année suivante, m’a demandé d’accueillir un ami à elle (Bikash) : on est devenus amis, il vient tous les ans en France et il restait chez moi. Bikash s’occupe de monter des organisations montagnards en Himalaya, en quelque sorte, c’est lui qui m’a mis dans la tête de gravir l’Everest. Et puis, pour moi, même si ça fait cliché de dire ça, mais l’alpinisme reste un « sport » réservé à une certaine élite, bourgeoise et blanche. Moi, je suis plutôt prédestiné à faire du rap ou jouer au foot. C’est ce qui me plait d’ailleurs : aller là où les gens ne m’attendent pas, à contre-courant, histoire, je l’avoue, de foutre le borde, marre d’être confiné dans des cases. J’ai donc fait croire à Bikash toutes ces années (2003 à 2008) que je partais chaque année escalader des montagnes, le Mont Blanc, le Kilimandjaro, etc….
Le bateau ? Je suis malade même sur une péniche qui reste accostée sur la Seine….

Comment se passent finalement les expéditions – on a l’impression qu’il s’agit au fond d’une forme particulière de tourisme, bien organisée, un tourisme sportif et dangereux, mais avec son financement, son organisation..
Certaines personnes ont compris qu’il y avait du fric à se faire avec certains « occidentaux » qui sont prêts à tout pour « briller », même au péril de leur vie. La culture du « toujours plus haut, toujours plus fort », de la gagne, où il faut montrer aux autres qu’on est forts…

L’ambiance semblait exécrable entre les membres de l’équipe, et par rapport à vous. Comment l’expliquez-vous ?
Pour plusieurs raisons : je ne fais pas partie du sérail ; je ne fais pas partie de leur « caste ». Et puis, ils ont tout de suite vu que j’étais un tocard alors forcément, ils n’ont pas apprécié. Il ne faut pas oublier que j’ai bidonné mon CV. Le retour ? J’étais le dernier à être parti et quand je suis arrivé au camp de base, il n’y avait personne, à part Cliff, mais comme on ne se parlait plus….Quand quelqu’un en a fini avec son ascension, il n’a qu’une seule envie : se barrer et retourner voir les siens, c’est normal quand on passe deux mois à être isolé…

Physiquement, ça semble avoir été hyper dur : que ressent-on quand on est là haut ?
En altitude, chaque geste demande un effort titanesque, l’organisme est soumis à une rude épreuve. Un homme ne peut pas vivre à plus de 5000m sans en subir des conséquences, à cette hauteur, seuls les aigles sont dans leurs éléments. Nous passons notre vie au niveau de la mer alors forcément, les organismes ne sont pas habitués.

Les Sherpas, eux, font l’ascension régulièrement, et on ne parle pas d’eux comme les meilleurs alpinistes, alors que ce sont eux qui accomplissent l’exploit le plus souvent ?
Les sherpas sont comme un peu comme les immigrés en France : ils se lèvent tôt, triment comme des clébards et récoltent que dalle en retour, si ce n’est mépris et très peu de considération. Sans eux, la plupart des alpinistes n’atteindraient pas le sommet de l’Everest. Pourquoi leur rendre hommage ? Pourquoi des occidentaux qui pensent qu’à leur nombril leur rendraient hommage ? Pourquoi l’élite française blanche et masculine (machos de plus de 50 ans) rendrait hommage aux immigrés qui font marcher la France ?

Ce sherpa qui a été odieux, l’avez vous revu plus tard ? Comment expliquez vous son attitude ?
Je l’ai aperçu de nouveau au camp de base. J’étais tellement heureux que je n’’ai pas demandé d’explications. Etait-il atteint lui-même par l’ivresse des cimes ? Avait-il perdu la boule ? Voyait-il que je m’endormais alors peut-être était-ce un moyen comme un autre de m’empêcher de somnoler ? Je ne sais pas et ne le saurais jamais.

Le retour à Katmandu s’est passé comment ?
J’ai vécu sans aucun doute la plus belle semaine de ma vie. J’ai passé quelques jours sur place dans un bel hôtel à dormir, à savourer chaque instant, à me balader, à repenser à la dernière partie de l’ascension : j’étais tellement heureux d’y être arrivé.
Vos parents, leur avez vous dit finalement à quel point cela avait été dur?
Ma mère est venue me chercher à l’aéroport avec ma frangine. Elle s’est mise à pleurer en voyant mon visage. C’est à ce moment qu’elle a compris ce que j’avais vécu : j’étais encore très marqué.
Quel est votre nouveau projet fou ?

Je ne dis jamais où je vais. Plus haut, ça va être difficile, à part si je décide d’aller sur la Lune ou sur Mars mais il reste encore des tas de choses à faire, même pour un tocard de banlieue !

Comment se fait-il que vous ayez la nationalité australienne ?
Vous pouvez aller sur wikipedia, il y a une page qui m’est consacrée…(j’ai vécu huit ans en Australie)…

En savoir plus sur Nadir Dendoune :

Un post sur son livre.

Un post sur l’exploit de Nadir.

Les restos de Nadir Dendoune, par Aude Baron.

Une magnifique photo de Nadir et de ses parents.

Nadir Dendoune – Blog note ou web zine

Moi, Lady Gaga, reine de twitter…

Figurez-vous que Lady Gaga vient de battre Britney Spears en nombre de followers sur Twitter. 5 740 000 abonnés la suivent, soit à peu près 30000 de plus que Britney.

Ça me va bien, à moi : je suis fan de Lady Gaga. Je voudrais être Lady Gaga. Et régner comme une Reine de conte de fée sur mon univers numérique. Qu’importe la vraie vie, c’est toujours mal fichu, ça n’a pas de forme, on est toujours décoiffée ou mal habillée au moments clefs, ou bien on se tord les pieds au moment de s’avancer vers quelqu’un dans un mo9ment clef. Dans la vie numérique, on fait comme Lady Gaga : on peut se déguiser, pour donner à sa vie la forme qu’on veut…

Moi aussi, si j’avais le temps, je me mettrais un chapeau de fée et j’agiterais une baguette magique. La vie est trop courte pour se vautrer dans l’ordinaire.

Mais je n’ose jamais…. Lady Gaga, si, elle ose. Elle y va à fond, et jusqu’au bout, dans son délire.

La vidéo, mise en ligne le 21 août via le compte twitter de la star, a déjà été visionnée par 450 000 personnes. Elle a été filmée dans les coulisses du concert qu’elle donnait à Tacoma aux Etats-Unis. Que dit-elle dans cette vidéo ? « Bonjour le monde. C’est Lady Gaga, reine de Twitter. Je voulais remercier tous les magnifiques petits monstres qui me suivent. Merci de m’avoir permis de débuter mon règne sur Twitter. Je fais le serment de tweeter et tweeter encore. »

Une façon sympa et louf de réagir et de remercier ses fans.

Cela dit, la nouvelle Reine ferait bien de prendre garde à  Justin Bieber… qui monte, qui monte, sur Twitter.