Aranjuez (mon amour) I

Comment avons-nous atterri à Aranjuez ?

Par hasard, j’ai honte de le dire ; comme quoi, je sous estime encore la capacité de l’Espagne à m’enthousiasmer (ou ma capacité à me laisser charmer par l’Espagne). J’avais annoncé pourtant, avec agressivité, mon ferme désir de ne pas passer le week end avachi devant la télé ; les bienfaits conjugués, pour l’esprit et le corps, de la marche et de la culture ; l’homme pense avec ses pieds, avais-je répété, citant Alexandre Vialatte ; nous irions à Avila – pour faire culturel et, du même coup,  plaisir au Petit Garçon qui a visité la ville (avec sa profe de religion – oui, il a une profe de religion, et elle l’aime bien – et Avila est une ville à murallas, et j’ai un faible pour les murallas).

Las, au jour dit, la météo sur Avila s’avéra calamiteuse. Bon. Décidée à augmenter, coûte que coûte, le capital culturel de toute la famille, je google-mapais le sud de Madrid, sachant que Tolède, c’est fait (mais on y retournera).  Aranjuez, vis-je. Tout ce que je connaissais d’Aranjuez, c’était le concerto et la marque de guitare.

– On va à Aranjuez, annonçai-je fermement au trio masculin avachi dans les canapés.

Les jeunes, résignés, ne pipèrent mot ; le Chef s’intéressa : “Qu’est-ce qu’il y a, à Aranjuez ?

Moi : Je ne sais pas, mais c’est Aranjuez, il doit y avoir un truc.

– Tu peux regarder ?

Le Chef a besoin de se mettre un truc sous la dent. Hop, Google, Wikip, ah, palacio real, patrimonio nacional, sitios reales. De retour dans le salon :

– Il y a un Palais qui a l’air superbe.

– Mais, observa l’Ado, on a déjà fait celui de Madrid.

– Eh bien, rétorqua  le Chef, motivé, on fera celui de Aranjuez.

Je tentai d’encourager l’Ado :

– Le Guide vert dit que c’est bien.

L’Ado me jeta un regard torve.

– On est obligé ? vérifia le Petit Garçon.

– Oui, dit le Chef. On est obligé. On va aller visiter un horrible palais et ensuite on se baladera dans un horrible jardin plein d’arbres répugnants. Depuis le temps, tu devrais nous connaître.

– On est obligé, conclut l’Ado.

Et c’est ainsi, le coeur joyeux, que nous partîmes pour Aranjuez.

Aranjuez BNWZ

PS : La prochaine fois, je mets le concerto de guitare, mais là, je ne me crois pas capable de résister à cette vidéo de Richard Antony. Allez, on se laisse faire, c’est que du bonheur.

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One thought on “Aranjuez (mon amour) I

  1. Hahaha, argumentation très chouette je trouve ! J’avoue qu’à la question je me suis tout de suite dit “ben, à Aranjuez, il y a… un concerto !!!”, hihihi !

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