Toi aussi, découvre La Escolania del Recuerdo

Cette année, pour Noël, la Escolania del Recuerdo sort un disque et sombre dans la modernité avec une chaîne YouTube. Kesako la Escolania del Recuerdo, vous écriez-vous tous ?  C’est l’un des chœurs d’enfants  les plus anciens d’Espagne, célèbre pour ses concerts de Noël. Vous ne le saviez pas ? Moi non plus. Je découvre, j’informe.
Personnellement, j’eusse fortement apprécié une compil de villancicos, chants de Noël espagnols, car j’en goûte tout particulièrement un ou deux, comme Los peces en el rio ou Campanas sobre campanas. Mais non, ils ont fait moderne, ce qui nous vaut une interprétation très marrante de I can get no satisfaction (le clip est sympa) mais sinon, c’est de la pop espagnole, et j’aime pas trop ça… J’ai essayé, à cause de Miguel Bosé (que je goûte fort, spirituellement s’entend), mais euh, non.

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Il y a des moments où l’on y pense, moi souvent j’oublie.

Remplir ma vie de petits bonheurs faciles, légers, rapides.

La vie est pleine d’heures, elles mêmes débordantes de minutes, elles mêmes remplies de secondes. Il est possible, si l’on y pense, de remplir un maximum de secondes, de minutes et parfois d’heures de bonheur. C’est que je me dis toujours.
Il suffit d’abord de le vouloir, puis de développer une méthode. La mienne, c’est de répertorier tout ce que j’aime, et de tenter, méthodiquement, de m’offrir tous les micros bonheurs du quotidien qui ne coûtent rien. Et je dis bien qui ne coûtent rien, car ce qui a trop de prix n’a pas tant de valeur.
Tenter à la fois de me les offrir et de les apprécier. Et si on réussit à se créer tous les jours 10 ou 20 minutes de bonheur égoïste et réfléchi, voulu et apprécié, c’est déjà beaucoup.
C’est assez facile, théoriquement, parce que je suis gourmande. En ce moment, j’ai envie de tarte aux pommes. Je sais exactement de quel type de tarte aux pommes j’ai envie : il faut qu’elle soit saupoudrée d’un mélange d’amandes, sucre, beurre et farine, tout ça passé au four.
Pour vraiment l’apprécier, il faut la savourer avec un thé.
Et vous savez quoi ? Ce petit moment de bonheur, que je dois dégager de mon emploi du temps, pas spécialement surchargé, je ne parviens pas à la trovuer.
Je ne parviens pas à arrêter le temps. Il file, il passe, je remets à plus tard, à tout à l’heure, à demain.
La tarte aux pommes est pourtant faite.
Il ne reste que le thé.
Et s’asseoir par la fenêtre, et regarder les arbres qui perdent leurs feuilles. Sans rien faire, RIEN, pendant 10 minutes.
Dix minutes sans stress, sans pression, juste à couper la tarte aux pommes avec la cuillère et boire des gorgées de thé.
Dix petites minutes.
Et je n’y parviens pas ?
Je vais vous dire ce que je vais faire : je me relie, je poste et j’y cours. Je les aurais, mes 10 minutes de petit bonheur sans stress.

Rassurez-moi : vous êtes un peu pareilles, ou bien il n’y a que moi ?

Françoise et le boeuf en gelée

Flannie, je m’interroge : le boeuf en gelée de Françoise changera-t-il notre vie ? Ah ça, comment savoir si la magie opérera ?   En attendant, en exclusivité pour vous, voici Françoise, l’incontournable, et son boeuf en gelée.

Françoise et le boeuf mode, ça se trouve au début de “A l’ombre des jeunes filles en fleurs” – un titre qui vaut la première phrase du roman, ou quasi. Vous le trouvez en ligne.
Les parents du narrateur ont eu l’idée d’inviter un monsieur très comme il faut, un peu pontifiant -ils pontifient un peu tous durant ce repas, on se croirait chez ma grand mère – à  dîner. Naturellement, la mère du narrateur ne cuisine pas : c’est Françoise qui s’y colle. Heureusement. La maman du narrateur s’y entendait probablement merveilleusement à venir border son garçon le soir, mais on sent Françoise plus pro sur le boeuf en gelée.

Pour ce dîner, Françoise, nous dit le narrateur, est habitée par “la brûlante certitude des grands créateurs” ; le narrateur admet qu’elle se laissait un peu aller, culinairement parlant, mais la perspective de recevoir M. de Norpois l’a galvanisée : or, quand on est galvanisée à l’idée de faire un plat,  on commence par faire les courses, comme moi et le Chef quand on a envie de se cuisiner un truc.
Voici Françoise galvanisée, arpentant d’un pas martial les allées des Halles de Paris (les vieilles) : “comme elle attachait une importance extrême à la qualité intrinsèque des matériaux qui devaient entrer dans la fabrication de son oeuvre, elle allait elle-même aux Halles se faire donner les plus beaux carrés de romsteck, de jarret de boeuf, de pied de veau, comme Michel-Ange passant huit mois dans les montagnes de Carrare à choisir les blocs de marbre les plus parfaits pour le monument de Jules II.” La comparaison entre Michel-Ange et Françoise indique très clairement que Françoise, à l’instar du grand homme, est une artiste (c’est pas Robuchon qui dira le contraire). Et puis, question “qualité intrinsèque des matériaux”, Françoise et Jamie Oliver sont, spirituellement parlant, bras dessus bras dessous quand ils font les courses ; c’est que Proust (alors qu’il n’a jamais vu une émission de Jean-Luc Petit-Renaud) sait déjà que le bonheur du repas commence avec la recherche des ingrédients : c’est que la cuisine est un cheminement matériel ET spirituel.
Comme Françoise ne fait pas les choses à moitié, elle a expédié le petit personnel à la boulangerie d’à côté, et fait cuire son propre jambon d’York (blanc) dans le four du boulanger. On n’y va pas par quatre chemins à l’époque. Ce genre de détail me donne toujours l’impression d’être dans une émission de télé culinaire ; ou bien je me représente  Françoise comme une puissance de la nature, à qui tout le quartier n’aurait garde de  refuser un service. La confection du repas suit des lignes de forces sociales en même temps que matérielles.
Et le mal que s’est donné Françoise est bien récompensé : l’illustre invité félicite, avec une morgue élégante et vieux jeu, de l’excellence du fameux boeuf : il n’y a plus moyen de manger ça dans les restaurants, constate-t-il désabusé, comme n’importe quel convive actuel (toufoulkan) – ou alors comme un Espagnol, un Italien ou un Tunisien, déplorant qu’on ne puisse nulle part trouver la pasta, le couscous ou le cocido de sa maman (rayer la mention inutile).
Et puis, le repas fini, les parents du narrateur se pressent autour de Françoise : ô Françoise, comment se fait-il que votre boeuf en gelée soit si exceptionnel ? Et voilà Françoise qui nous fait sa modeste, et c’est délicieux :
«Je ne sais pas d’où ce que ça devient», répondit Françoise (qui n’établissait pas une démarcation bien nette entre le verbe venir, au moins pris dans certaines acceptions et le verbe devenir). Elle disait vrai du reste, en partie, et n’était pas beaucoup plus capable — ou désireuse — de dévoiler le mystère qui faisait la supériorité de ses gelées ou de ses crèmes, qu’une grande élégante pour ses toilettes, ou une grande cantatrice pour son chant. Leurs explications ne nous disent pas grand chose; il en était de même des recettes de notre cuisinière. «Ils font cuire trop à la va-vite, répondit-elle en parlant des grands restaurateurs, et puis pas tout ensemble. Il faut que le boeuf, il devienne comme une éponge, alors il boit tout le jus jusqu’au fond.”
Françoise est comme la mère d’une de mes amies, qui nous avait régalé d’un couscous algérien extraordinaire, et qui faisait, de la même façon, sa coquette devant notre insistance, à moi et mon amie, pour lui arracher les détails de la recette : mais elle ne savait pas, mais il fallait juste mettre la viande et les légumes, ou peut-être était-ce l’ordre, mais voilà, il ne fallait pas s’en faire tout une montagne.
Est-ce qu’on n’en connait pas tous, des Françoise ? Des dames qui font les courses comme on part en campagne, réquisitionnent tout leur entourage qui n’ose pas l’ouvrir, et puis finalement fait la moue et bat des cils quand on lui demande ses secrets de fabrication ?

(Et c’est comme ça que j’ai fait du boeuf mode la semaine dernière, pour me préparer à la réalisation du boeuf en gelée cette semaine)

Sauvons les monstres ! de Morgan, Sinden et Macdonald

 

Pour Petit Garçon, c’est clair : la Société protectrice des monstre est SON roman. Il avait adoré le tome 1, il a adoré le tome 2, Sauvons les Monstres.
Cette fois, c’est un  monstre marin qui arrive à la société protectrice des Monstres. Et à nouveau, Ulf, le gentil loup garou, prend les choses en main. Sauf que le méchant baron Marackai, flanqué de ses deux acolytes stupides, ne compte pas laisser en paix ce monstre, qu’il prévu de déguster…. Ulf va tenter de l’en empêcher.

Et là, je vous pose à vous, parents, LA question qui tue : réussira-t-il ?
On ne sait pas.
Suspens.
Bref, c’est bientôt Noël et je recommande plus que chaudement cette série de chez Pocket jeunesse, pour 9 – 12 ans amateur de Monstres. Résultats garantis. De mon côté, j’attends le troisième….