Ma copine et le RER

J’ai eu avant hier au téléphone une amie qui réside en banlieue ouest, sur le trajet du RER A. Il se trouve que dans la journée, j’avais lu ce post sur Partageons mon avis, à propos du Grand Paris, un sujet qui me tient à coeur. (J’ai commmencé à en parler, puis coupé le post en deux, sinon il est trop énorme et illisible).

Mon amie travaille à la Défense et elle vit seule avec deux enfants – grands. Enfin, moyens. Les enfants reviennent donc tous seuls de l’école, et puis ils goûtent, et puis ils font leur devoirs, enfin elle l’espère, elle ne peut guère que l’espérer, puisqu’ils sont seuls à la maison.

(BNWZ)
Elle, elle est au boulot, et le téléphone sonne et les mails arrivent : sérieuse et motivée, une Française comme il plait à nos dirigeants, elle ne quitte le travail qu’en courant, à la dernière minute, s’arrachant à l’ultime mail qu’elle voit s’afficher dans sa boîte le vendredi à 19 heures (ou plus) ; car il est d’usage, dans les grosses sociétés, d’envoyer des mails le vendredi de 17 heures à 23 heures et le week end : ça fait bosseur, concerné, impliqué, travailler plus sans gagner plus, il faut donc bien quelqu’un qui les reçoive.

(BNWZ)
Elle finit tout de même par éteindre son PC et sortir de sa tour sur l’Esplanade. Les courants d’air sont terribles quand elle arrive en bas et marche d’un bon pas jusqu’aux escaliers qui mêment par de longs couloirs jusqu’au RER. Au fur et à mesure qu’elle les suit, elle s’engage plus avant dans le flot humain qui finit par la jeter dans la grand hall central de la Défense.
(BNWZ)
Elle ne voit plus ce qu’il y a autour d’elle et elle avance, contrairement à moi qui, ayant perdu l’habitude, m’arrête toujours, soufflée, quand j’y entre. Il s’agit de la Défense, le truc sur lequel le fils de son père voulait régner, le plus grand centre des affaires d’Europe – un lieu dont on ne parle ordinairement qu’en termes élogieux. C’est le genre d’endroit dont on se demande si des êtres humains, s’ils avaient le choix, le fréquenteraient volontairement ; mais on ne se pose pas la question, sauf moi quand je suis de passage, parce qu’on doit y passer, pour le boulot, pour les affaires, pour acheter les cadeaux de Noël, les livres pour la rentrée, ou aller à Paris.
(BNWZ)
La Defense est un grand hall clos de tous côtés, à partir duquel rayonne un grand nombre de couloirs, clos aussi, qui mènent aux gares des bus, au métro (ligne 1), aux RER, aux lignes SNCF, et au centre commercial. L’humanité qui y passe semble exécuter une chorégraphie pensée par un Tati ou un Charlie Chaplin : une horde de voyageurs arrive par là, une autre par ici, par séquences saccadées, en fonction des arrivées de métro, de RER ou de bus. Les gens ont un regard vide, scannent des yeux, mécaniquement, leur parcours, en pensant à autre chose, ou les écouteurs sur les oreilles ; la seule à s’arrêter, perdue et exaspérée, près d’une colonne, c’est moi, maudissant la perte de ma parisianité : je ne sais plus où je suis, je regarde partout et ne vois rien. Il est où le bus 178 ? Et pourquoi je suis obligée de transiter par ce foutu hall pour aller du métro au RER ?
(BNWZ)
Mais mon amie, tous les soirs, ne s’arrête pas, évidemment, elle fonce, tête semi baissée, descend des escaliers, attrape un escalator, songeant à sa soirée : Etienne aura-t-il fait ses devoirs ? Comment ? En les baclant comme d’hab ou en les soignant ? Est-ce que Sylvie aura encore mal à la tête ? Et demain, c’est le dentiste, ne pas oublier. Ah oui, et les inscriptions pour les tournois de judo et de foot. A faire, et à poster, absolument, et passer prendre des frutis, ça fait trois jours qu’elle n’a pas le courage, c’est une honte, une mère qui ne donne pas de fruits à ses enfants.
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Elle arrive sur le quai noir de monde, s’encastre dans la foule, et monte, au sein du flot humain, dans le RER bondé, parce que ça sera pareil si elle attend le suivant, il n’y aura pas moins de monde, et le RER quitte le quai. Elle est à 23 minutes de chez elle. Il est 19 h 13. Elle a le temps de passer au SuperH pour acheter des kiwis. Ou des oranges.
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Soudain le RER s’arrête. Les lumières s’éteignent. Se rallument. Rien. Elle est debout, comme une pomme dans un cageot, et elle attend, comme tous les autres. Elle a un livre dans son sac, mais elle hésite : elle va donner des coups de coude à tout le monde, et puis est-ce que ça vaut le coup ?
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Le RER repart, lentement, on espère qu’il va prendre de la vitesse… mais non. Il s’arrête à nouveau. Elle regarde l’heure : 19h20. Le supermarché ferme à 20h00. Bon.
(BNWZ)
L’attend dure un peu, sans s’éterniser, puis le RER repart, plus lentement qu’à l’ordinaire. Elle tente d’appeler chez elle, mais il n’y a pas de réseau. A une allure de tortue, le RER arrive dans la gare suivante et s’immobilise. Les portes s’ouvrent, et quelques personnes descendent, d’autres montent.
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Mais il ne repart pas.
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Au bout d’un moment, les portes se ferment.
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Puis se rouvrent. Un soupir d’exaspération parcourt le wagon. Elle regarde sa montre : 19h28.
(BNWZ)
A ce moment, le conducteur les informe, par le micro, que ce train, pour des raisons indépendantes de sa volonté, ne va pas plus loin et qu’ils sont priés de descendre sur le quai.
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Les portes se rouvrent.
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Un murmure sourd parcourt le train, mais les gens commencent à descendre.
(BNWZ)
Le quai est noir de monde.
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Le RER reste à quai.
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Puis il s’en va.
(BNWZ)
On attend.
(BNWZ)
Une annonce au micro : Mesdames et messieurs, la RATP vous prie d’excuser cet incident.
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Mais c’est presque tous les jours ! s’écrie, involontairement, mon amie, qui rougit immédiatement de cette phrase qui lui a échappé. Elle a horreur des gens qui râlent.
(BNWZ)
Plusieurs personnes, près d’elles, approuvent. Beaucoup détournent les yeux, et elle a honte : on ne parle pas tout seul.
(BNWZ)
Un autre train arrive à 19h35, passablement rempli. Les passagers sur le quai protestent, mais sans conviction. Les passagers du train, à l’exception de ceux qui descendent, se serrent dans le wagon.
(BNWZ)
Les passagers sur le quai commencent à monter dans le train ; il semble presque impossible de caser tout le monde, mais les passagers, s’efforçant d’atteindre la verticalité, réussissent à entrer tous, sauf un ou deux qui, découragés, restent sur le quai. Cette fois, ils sont, au sens propre, serrés comme des sardines, presque imbriqués les uns dans les autres.
(BNWZ)
Les portes se ferment.
(BNWZ)
Le train ne démarre pas.
(BNWZ)
Ah si, il démarre.
(BNWZ)
Mais lentement.
(BNWZ)
Il est 19h43.
(BNWZ)
Le reste du trajet se déroule sans incident supplémentaire, hormis le désagrément de la surpopulation dans le wagon.
(BNWZ)
Mon amie arrive à sa destination à 19h51.
(BNWZ)
Elle sort du train en courant, descend les escaliers, traverse le tunnel, remonte les escaliers, présente son passe au lecteur, continue à courir dans la rue, longe la file de taxi, tourne à droite, passe devant le coiffeur, le boucher, la pharmacie, traverse la rue, arrive hors d’haleine devant le supermarché.
(BNWZ)
– Nous n’acceptons plus de clients, lui dit le vigile.

Georges Clooney ne se mariera pas, mais Moundir, si

On commence par Moundir, pour se débarasser… Je ne sais même pas quels sont les titres de gloire de ce garçon, dont je ne fais qu’entendre parler sur Twitter ; m’est avis que mieux vaut ne pas forcer et tenter d’en savoir plus. Quoiqu’il en soit, il semble que le mariage soit, actuellement (car le mois prochain, il aura peut-être changé d’idée), dans ses projets.

L’info se présente comme suit : le monsieur a participé à une émission de haute volée intitulée : les anges (sic) de la télé réalité. On rappelle qu’après avoir participé à une émission en Indonésie (Koh Lanta), il en a fait une autre, sur le thème de l’amour (les aventuriers de l’amour).

Or, lors de l’émission “les anges de la télé réalité”, il a dévoilé un scoop : à la fin des Aventuriers de l’amour, il était reparti au bras de Sinda.

Or, et c’est là le scoop, eussions-nous pensé qu’il allait se marier avec elle que nous nous serions trompé.

Car Moundir va se marier avec Inès, une autre participante, dont il est tombé amoureux fou.

Comme quoi.

En revanche, Georges Clooney ne se mariera plus. Non. Il s’est déjà marié une fois, et ça suffit pour lui. Les femmes du monde entier s’interrogeaient avec angoisse, mais ça y est, on est sûres, on peut dormir tranquille : Georges n’en épousera pas une autre.

Ouf.

Conclusion : la semaine commence bien, on a casé Moundir et Clooney reste libre…

Et c’est d’un coeur léger que je peux aller suivre la conférence de Sarko. A 11 heures en live.

Délice simple, ou simple délice ?

Il s’agit de ça :

Et ne cherchez pas quel mystère complexe se cache dedans, disons le tout de go : il s’agit d’une tranche de pain, recouverte d’une fine couche d’huile d’olive et de tomate mixée. Sel, poivre, assaisonnement comme vous en avez envie.

C’est ce genre de tartine que vous pouvez consommer à toute heure du jour en Espagne.

Plus ordinaire, il n’y a pas. Encore faut-il avoir l’idée de mixer les tomates. Ça n’est pas si courant en France. Là réside l’originalité de la chose.

Plus ordinaire, il n’y a pas, et pourtant c’est délicieux, à condition d’avoir le goût des choses simples avec du goût. Pour optimiser le goût, il est judicieux de faire griller (ou de réchauffer au four s’il est de la veille) du pain : ainsi, lorsque l’on va déposer l’huile d’olive sur le pain, les arômes s’exaleront avec plus d’intensité.

Plus ordinaire, il n’y a pas, c’est pourquoi je le mets en photo et le signale : en simple apéritif, avec un verre de vin blanc, c’est un petit plaisir sans chichi, pas assez connu des Français, ce me semble…

Plus ordinaire il n’y a pas, c’est pourquoi j’y reviens toujours, plusieurs fois par semaine, au petit déjeuner…

Profe de bio

La profe de bio leur a dit qu’ils devaient être capable de faire des cartes conceptuelles du cours. Il a fait un shéma conceptuel du cours.
La profe de bio leur a dit qu’il fallait réviser un stylo à la main : l’Ado a grommelé : bon, ça, je l’avais déjà entendu. J’ai fait des petits bonds partout, ayant acquis la subite conviction de sa non-surdité. Et suggéré qu’il applique cette méthode novatrice à plusieurs matières.
La profe de bio leur a dit : vous ne savez pas réviser, vous croyez qu’il suffit de lire votre cours en marchant, vous allez arriver en bachiller, et là, vous verrez : les meilleurs deviennent les plus mauvais.

L’Ado a semblé frappé par la concordance entre ces remarques et les miennes.

Du coup, le hiatus troisième-seconde existe peut-être ici aussi, en version quarto de la ESO- primero de bachiller. Ça ne m’arrange pas. Quoique, l’Ado a besoin de s’écraser la gueule sur le mur pour appréhender l’existence dudit mur. Je vois mon sang et des petits morceaux d’os sur le mur, donc le mur existe. Donc, il eut fallu sauter.

En tout cas, j’aime bien cette profe. Bon, j’ai aussi, dans l’ensemble, un bon a priori sur les profs. Mais celle-là leur fait faire des expériences et des rapports d’études pas mal du tout.