Sarkoefficacité pour Boris Boillon, nouvel ambassadeur de France en Tunisie

A peine arrivé, il se fait détester !

Arrivé en fanfare pour Boris Boillon, le nouvel ambassadeur de France en Tunisie : il envoie promener une journaliste tunisienne qui l’interroge sur l’attitude de la France pendant la Révolution tunisienne…

Sarkostyle pour Sarkoboy

Le nouvel ambassadeur de France en Tunisie, Boris Boillon, tout juste arrivé, vient de faire la démonstration de son style. Sarkozy avait promis la rupture, en son temps, on ne sait pas trop où l’on en est, mais question ambassade, avec Boris Boillon, on est très loin de l’arabisant distingué, nostalgique d’Omar Khayyam et d’Oum Kalsoum, versant un pleur romantique dans une oasis sous la nuit étoilée. Perso, j’eusse bien vu en guise d’ambassadeur le fils spirituel d’André Dussolier (pour le charme et le look vieille France) et de Jean Rochefort (pour l’élégance et l’humour), avec un peu de Claude Rich (parce que c’est comme ça) pour colmater.

 

Eh bien, je me fusse plantée, mais confortable. Nan. Nan.Nan. Boris Boillon, c’est Jean Dujardin dans OSS117, avec l’humour de Jean-Claude Van Damme. Un style… personnel, que j’hésite à qualifier. Un peu de Sarko, quelque chose d’OSS 117, un zeste de Michael Vendetta, on peut admirer la musculature de Boris de Nice sur son profil Facebook (mais sans la planche), le suivre sur Twitter, l’écouter sur France 24 ou sur Mosaïque.

Voilà. Donc, c’est ce jeune monsieur tout en amabilité Ancien Régime qui débarqua hier en Tunisie. Et qui fit immédiatement une démonstration méthodologique de la nouvelle page qu’il compte ouvrir entre la France et la Tunisie : un autre style, une autre approche. Impressionnant et édifiant.

Boris le Bouillant n’aime pas répondre aux questions  qui lui déplaisent, et il ne fait pas semblant. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on n’est pas dans la pommade diplomatique… La preuve en vidéo, mais pour ceux dont la maîtrise de l’arabe n’est pas parfaite, voici la traduction des passages en arabe de la vidéo :

Boillon à table : “une prière pour les martyr de la révolution tunisienne, et nous ayons une pensée pour les familles des victimes et des martyrs.”

Boillon s’énerve et vut un “aked thika”, un contrat de confiance.

Journaliste : “comment se profile le futur des relations politiques entre la France et la Tunisie après la prise de position surprenante dès le début de la révolution, que ce soit de la part du président Sarkozy ou de la ministre des affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie?

Boillon :”La vérité est que la France souhaite commencer une nouvelle page avec la nouvelle Tunisie, c’est une nouvelle ère, et la France est confiante dans l’avenir de la Tunisie”

Journaliste :”s’agit-il de réparer les erreurs du président Sarkozy? surtout que vous êtes l’un de ses plus proches collaborateurs et que le président français vous affectionne particulièrement?”

Rires de Boillon : “merci”

Journaliste :”On avait reproché à l’ancien ambassadeur, Pierre Ménat, de n’avoir pas été attentif aux signaux de cette révolution, votre mission étant de réinstaurer la confiance entre la France et la Tunisie, comment appréhendez vous votre mission vu votre jeune âge et votre place particulière aux yeux du président français?”

Boillon :”Qu’entendez-vous par appréhensions? je ne comprends pas, c’est quoi ces préjugés? je ne mérite pas ça ! laissez-moi d’abord commencer mon travail !”

Journaliste :”Je parle d’appréhensions, pas de préjugés”

Boillon :”Appréhensions, mais vous m’insultez ! Comment pouvez-vous me dire ça? je suis le nouvel ambassadeur, je viens d’arriver, et je n’apprécie pas ces questions! ça c’est vraiment… mais qu’est ce que c’est que ça? vous devez me respecter ! ça veut dire quoi appréhensions? c’est quoi ça appréhensions? … terminé.”

Et Boillon se lève de table.

Si ça, ça n’est pas de la diplomatie nouvelle formule !

La vidéo.

Qu’est-ce que l’on préfère dans la vidéo ?  Les “Je veux, on veut, la France veut” ? Le “khalass “? Le petit geste agacé pour éloigner le micro ? le “N’essayez pas de me faire tomber sur des trucs débiles, franchement, franchement,  vous croyez que j’ai ce niveau là, vous croyez que je suis dans la petite phrase débile” ? Le ” je suis là pour exposer une philosophie” ? Ou bien le refus grossier de répondre à LA question, sur l’attitude de la France pendant la Révolution, centrale dans les relations tuniso-française ?

Difficile de se décider.

Je me permets de citer, en réponse à ce grand moment de diplomatie, un extrait d’une lettre ouverte rédigée par Wejdane Majeri sur Facebook. ( Image ici.)

Votre attitude pleine de mépris et d’arrogance, vous donne l’outrecuidance de parler ainsi à une journaliste tunisienne qui exprimait la question principale qui occupe le peuple tunisien quant à l’avenir de ses relations avec la France, a choqué plus d’une personne. Si c’est ainsi que se comporte le représentant de l’État français en Tunisie, nous craignons le pire pour l’avenir de nos échanges, monsieur. Mais pouvions nous attendre autre chose de la part d’un représentant dont le gouvernement n’a toujours pas présenté d’excuses claires pour avoir offensé la dignité d’un peuple ni n’a été blâmé pour entretenir des relations d’affaires avec un tyran ?

Cher monsieur, votre jeunesse n’est qu’apparente, vos actes semblent venir d’un monde si ancien, si vieux. Pensiez vous réellement pouvoir vous comporter comme ces soldats ardents et insultants de la période colonialiste ? Il semblerait que vos maîtres n’ont toujours pas compris quelle est la période historique qui s’ouvre en ce moment en Tunisie. Mais il est certain que les piètres performances de notre ancien ministre des affaires étrangères doivent y être pour quelque chose. Allez donc expliquer, cher monsieur, que nous ne sommes pas au début d’un nouveau colonialisme, non, nous sommes à l’aube de grands changements, et cette attitude française sera sévèrement punie à chaque fois qu’elle aura le malheur de réapparaitre, comprenez le bien.

Saurait-on mieux dire ?

Boris Boillon, n’oubliez pas : les Tunisiens n’ont maintenant plus peur de dire ce qu’ils pensent.

Allons un peu plus loin, maintenant…

Positivons et voyons les bons côtés : Boris Boillon est jeune et dynamique. Ah oui, il parle arabe ; enfin, il prononce les mots, mais s’il parle, il ne semble guère doué pour le dialogue.

D’où sort-il, ce Sarkoboy survitaminé ?

Il a été nommé le 26 janvier en conseil des Ministres, rompant avec la tradition, comme nous l’explique dans le Monde, un ancien ambassadeur de France : ordinairement, l’ambassadeur partant ou le chargé d’affaires s’il n’y a pas d’ambassadeur en place, propose au ministre des affaires étrangères du pays concerné le nom et le CV du diplomate pressenti par Paris comme successeur potentiel : c’est la demande d’agrément ; il arrive que le pays émette des réserves, et Paris peut alors suggérer un nouvel ambassadeur.

Un Boris le Bouillant martial, sur France 24, réfute l’argument, et affirme que sa nomination s’est faite dans les règles, démentant l’article qui compare sa nomination à celle d’un préfet. Quel est son background ?

Le CV du Sarkoboy

Bon diplomate selon un fin connaisseur du Ministère des Affaires Etrangères, le bouillant Boris Boillon a eu la chance, après un détachement probablement morne à Bruxelles, de se retrouverà Paris adjoint au conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy, ce qui, en 2002, n’avait rien de particulièrement mirobolant. Sauf qu’à partir de 2007, le jeune homme suit le boss à l’Elysée et travaille à la cellule diplomatique ; déjà mieux ; encore mieux , il planche avec Claude Guéant sur le dossier des infirmières bulgares ; et le déclic, c’est la visite de Khadafi à Paris, gérée par James Boillon ; chargé du dossier, il courcircuite la hiérarchie du Quai d’Orsay et passe au dessus des directeurs Afrique du Nord – Moyen Orient, rapportant en direct à Claude Guéant et donc à Nicolas Sarkozy. Avouons que circuiter du diplomate de carrière assis sur ses certitudes doit avoir des aspects jubilatoires….

Pas de doute, Boris Boillon a un profil de ouinneur.

Du coup, à moins de 40 ans, le Bouillant Boris  décroche le poste d’ambassadeur de France en Irak, à charge pour lui de faire tomber dans l’escarcelle de la France un max de juteux contrats dans le cadre de la reconstruction dudit pays. Il faut lire l’article, qui rend merveilleusement hommage à la confiance en lui de ce jeune ambassadeur. BB ne reste pas longtemps en Irak, sarkostyle oblige, il ne tient bien entendu pas en place, et se retrouve muté en Tunisie, pour “ouvrir une nouvelle page ” dans les relations bilatérales.

J’avoue que je me réjouis de suivre les aventures de Boris de Bouillon en Tunisie. Sera-t-il, tel un nouveau Godefroy, le premier souverain chrétien de Tunisie ? Plus fort que MAM, plus fort que François Fillon…

(merci à M1Cafe pour la traduction arabe- français ! Vous pouvez aussi le retrouver sur son blog).

Plus de Boris Boillon ?

Edit du lendemain : Boris Boillon s’excuse sur twitter… et renvoie à sa page fan sur Facebook.

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2 thoughts on “Sarkoefficacité pour Boris Boillon, nouvel ambassadeur de France en Tunisie

  1. dégaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaage

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