Comment une bourde de José Ignacio Echevarría a affolé la twittosphère espagnole

n s’imagine parfois que les hommes politiques français ont le monopole des bourdes monumentales. Grossière erreur. Nous n’avons pas l’exclusivité des hommes politiques déconnectés du réel et incompétents. En Espagne, ils en ont aussi.

Et la dernière bourde en date est particulièrement croquignolette. Et révélatrice de la distance qui sépare certains hommes politiques des citoyens ordinaires.

Avant tout, une petite explication : à Madrid, on accède au métro ou au bus à l’aide de ce ticket :

D’accord ?

Bon. Actuellement, l‘Espagne a décidé de réduire ses dépenses énergétiques et a déjà pris la décision de limiter la vitesse sur tous les autoroutes pour diminuer la consommation d’essence ; l’étape suivante pourrait être de réduire le prix du ticket de métro pour inciter les gens à laisser la voiture au garage.

C’est pourquoi, hier, au parlement régional de Madrid, le député socialiste Modesto Nolla a demandé au gouvernement de la communauté de Madrid de baisser le prix du ticket de métrobus  de 5 %.

C’est alors que le responsable des transports publics de la région de Madrid, José Ignacio Echeverria (Partido Popular – droite) s’est levé et lui a répondu :

“Moi la première chose que je voudrais vous demander, c’est quel titre de transport vous utilisez pour prendre les transports publics , je crois que vous ne les avez jamais pris, parce que métrobus, je crois que ça n’existe pas et donc, si vous avez un métrobus, eh bien alors nous, on se lève et on s’en va !”

Son intention était d’être ironique envers son collègue socialiste, et vu l’ambiance qui règne dans ce genre d’assemblée, on peut craindre qu’il n’ait pas réalisé qu’il s’est superbement ridiculisé lui-même. Les députés PP applaudissent avec enthousiasme : on n’est pas là non plus pour être objectif, on soutient les collègues. Pourtant, Echevarria, le responsable des transports de Madrid, était tout bonnement en train d’affirmer devant l’assemblée madrilène et au delà d’elle, à tous les madrilènes usagers du métro et des bus que le ticket qu’ils utilisent tous les jours n’existe pas.

Une vidéo ? Allez, une vidéo, mais en VO.

 

Evidemment, l’incident n’est pas passé inaperçu auprès du million et demi d’usagers du métro et des bus de Madrid, amusées ou irrités de constater que le responsable des transports publics madrilènes ignore le nom du ticket de métro…

Sur Twitter, la bourde de José Ignacio Echevarria vire très vite au délire collectif jeudi en fin de journée et #metrobus devient un trending topic, soit une des 10 expressions les plus tweetées en Espagne hier soir.

Florilège :

Le #métrobus n’existe pas, c’est encore un truc des parents…

Déclaration exclusive du #métrobus :  c’est José Ignacio Echevarría qui n’existe pas

En toi, il y a un métrobus, si tu le désires, il brillera

La réalité n’existe pas #metrobus

Dieu créa le monde en sept jours, et le septième, il créa le #metrobus, pour ridiculiser Espaeranza Aguirre (maire de la communauté de Madrid, PP) et son conseiller aux transports

Les anciens égyptiens l’utilisaient pour aller dans l’espace, mais il n’existe aucune preuve physique de son existence #metrobus

Si pour le gouvernement de Madrid le #metrobus n’existe pas, C’EST QU’IL N’EXISTE PAS.

Un jour j’ai vu un #metrobus

Si tu cherches #metrobus dans Google, tu casses Internet

Mon film préféré de Indiana Jones, c’est “Les Aventuriers du #metrobus perdu”

J’ai raconté qu’il y a des gens qui n’ont pas de garage pour leurs voitures de sport décapotables et personne ne m’a cru #metrobus

Il y aurait des gens qui prendraient le métro pour être serrés comme des sardines ? Mais ça sert à quoi les BMW ? Dans quel monde ils vivent ? #metrobus

Et ma préférée :

Le #metrobus est une invention du gouvernement de Zapatero pour déstabiliser le PP.

(Note : le gouvernement espagnol est dirigé par le socialiste Zapatero, mais la communauté de Madrid, seule habilitée à modifier les tarifs des transports en commun de la région de Madrid, est dirigée par le Partido Popular, parti de droite, sous la présidence d’Esperanza Aguirre, comtesse de Murillo).

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