Réseaux sociaux

Mon fils de 12 ans, dis-je à deux collègues de mon mari, à table, dans un restaurant  dans lequel nous nous trouvions pour déguster un “vrai” cocido madrileño (lequel n’a rien à envier au mien, franchement) (enfin je ne dirais peut-être pas ça si j’étais espagnole), prend rendez vous avec  ses copains de la résidence via tuenti (le facebook espagnol).

C’est pas vrai ! s’écrie d’un air catastrophé la collègue (la trentaine).

Je serais mal venue de lui jeter la pierre, essayé-je dire (oui, essayé-je : je parle un espagnol plutôt primaire), vu le temps que je passe sur les réseaux sociaux.

Mais c’est dangereux, me dit avec courtoisie le collègue (la trentaine aussi). On peut venir te cambrioler chez toi par exemple, si tu pars en vacances.

Pourquoi ai-je eu l’idée de mettre ça sur le tapis ? C’est pourtant la dernière des choses à faire. Quand je parle internet ou réseaux sociaux dans mon entourage, à l’exception de mon mari, j’ai toujours la sensation irritante de passer soit pour une droguée, soit pour une irresponsable déconnectée de la réalité.

Facebook à la rigueur les gens connaissent (ou Tuenti) , mais c’est mal, inutile ou infantile (sauf, évidemment tous les gens dont je ne veux surtout pas retrouver la trace et qui eux, m’envoient inlassablement des liens pour que je m’inscrive et admire leurs photos de vacances qu’ils partagent avec une candeur désarmante). Il est possible que certains aient entendu parler de twitter , mais Delicious, feedly ou tumblr, bernique, alors Twazzup ou twitter search...  (n’évoquons même pas les extensions pour navigateurs). Et pourtant, je ne me prends pas pour une geek ( l’informatique m’emmerde ), mais comme une utilisatrice intéressée, mais plus dans l’objectif de la collecte ou du traitement de données que dans la fascination pour l’outil.

Il est visible que c’est le genre de sujet dont on ne peut parler qu’entre initiés, tant la réaction  provoque presque inévitablement une surprise navrée, ou un scepticisme confinant parfois au mépris.

En l’occurence, ce jour-là, j’ai du, à mon corps défendant, passer pour une mère irresponsable qui laisse ses enfants s’ébattre des heures durant sur des réseaux sociaux remplis de prédateurs sexuels la bave aux lèvres. Moi qui ai rempli leurs profils avec eux (c’est-a-dire que j’ai insisté pour qu’ils ne les remplissent pas). Et qui pratique le contrôle parental à l’ancienne (qu’est-ce que tu fais, là ? Va te coucher maintenant). En fait, c’est moi qu’on doit arracher du PC le soir.

Ce que je trouve amusant, en fait, relativement à la douceur de mes vieux jours, c’est qu’il donne des rendez vous sur tuenti (par flemme de descendre, et sonner aux différents interphones des différents copains dans les différents bâtiments) pour se retrouver en bas et jouer à des jeux sociaux que l’on voit parfaitement illustrés dans des peintures de Brueghel l’Ancien. C’est l’idée (un outil moderne pour des activités intemporelles) que je souhaitais initialement partager avec les deux collègues de mon mari. Mais je me suis interrompue en cours.

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7 thoughts on “Réseaux sociaux

  1. Franchement, je ne trouve pas ce qu’il y a de choquant que ton fils donne RDV via Tuenti (FB)
    C’est plutôt astucieux je trouve et je pense qu’ils ne donnent pas le lieu de leur rencontre

  2. En l’occurrence, ils se demandent s’ils se retrouvent “en bas” … Sans ce moyen, il faudrait aller sonner à toutes les portes ou appeler chaque enfant au téléphone. Tuenti est plus rapide. Oui, c’est astucieux.

  3. Oui c’est malin, et moins cher que le téléphone ! De toute façon je pense que tout interdire à un enfant par crainte de ci, de ça est par nature contre-productif : rien de tel pour les tenter. Mais les accompagner en les encadrant, oui, je souscris (et ça permet aussi de ne pas finir totalement à l’ouest).

    • De toute façon je trouve normal qu’ils le fassent… L’outil existe, pourquoi ne s’en serviraient-ils pas ? Mais je trouve aussi normal de scruter ce qu’ils font avec attention.

  4. Quoi ?! Ton fils joue dehors avec ses copains ?! Trève de plaisanterie, ton billet est très symptomatique de notre époque. Comme toi, je trouve que si l’outil existe, autant que les “douceurs de nos vieux jours” puissent en tirer profit. Comme leur maman 😉

  5. ah ben ça me rassure, je ne suis pas la seule extra terrestre ! Idem avec mes collègues, qui ne comprennent pas que FB, ça peut être pas mal… et Twitter et les autres aussi d’ailleurs.

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