Le Parti Radical quittera-t-il, ce week end, le giron protecteur de l’UMP ?

Ce week end, lors du 111ème Congrès du Parti Radical, ce sera l’instant de vérité pour ce dernier et du même coup, pour la Confédération centriste : soit le plus vieux parti de France rentre dans la Confédération des Centres, nouvelle formation réunissant les Radicaux et les centristes de la majorité, soit il demeure à l’UMP.

A l’UMP, on a bien sûr tout mis en œuvre pour éviter la sécession : Jean-François Copé, patron de l’UMP, et Nicolas Sarkozy se sont fréquemment entretenus avec plusieurs députés proches de Jean-Louis Borloo, pour les convaincre de pas quitter le parti.

Ça n’a pas du être très difficile : à part Yves Jego, Jean-Louis Borloo et Rama Yade, ils sont peu nombreux au Parti radical à vouloir réellement rompre avec l’UMP. On les comprend : ils ont besoin du soutien financier de l’UMP pour leur campagne, et d’alliances politiques en vue des législatives de juin 2012.

Hervé Morin a déjà balisé le terrain : après reconnu prudemment jeudi “que certains députés du Parti radical souhaitent avoir du temps” avant de quitter l’UMP, il a ajouté que les statuts de la Confédération des centres permettaient cette double allégeance : comme c’est commode.

Cependant Hervé Morin tient à être clair : la remarquable plasticité de ces statuts n’a pas pour but de préserver une illusoire Confédération des Centres. Absolument pas : “La question, c’est pas des questions de cuisine, de boutique. Ce que nous essayons de faire avec Jean-Louis Borloo, c’est de créer une dynamique pour être une alternative au sein de la majorité. Nous voulons en quelque sorte reconstruire cette famille politique du centre et du centre droit”.

Reconstruire la famille du centre et du centre droit doit n’implique donc pas, selon lui, que le Parti Radical ait l’obligation de se séparer du grand frère de droite.

Le député radical Jean Leonetti est bien d’accord avec lui : “une majorité de parlementaires radicaux ne souhaitaient pas quitter le groupe parlementaire UMP et l’étiquette sous laquelle ils ont été élus. On a eu des discussions pour faire converger nos points de vue et il se dessine un consensus sur le fait d’honorer le contrat qui nous lie à l’UMP jusqu’en 2012”. Pas de cuisine électorale, là encore : mais une question d’honneur.

Quant au numéro deux du Parti radical, Laurent Hénart, il estime que le congrès de ce week-end serait l’occasion de “donner le préavis” de départ de l’UMP pour 2012.

Tout ceci est bien ennuyeux pour la Confédération des Centres, dont les contours nébuleux semblent déjà se dissiper.

Jean Arthuis, président de l’Alliance centriste, a parfaitement senti le vent tourner et ne cherche pas à entretenir l’illusion : au Conseil national du Nouveau centre samedi dernier, où on l’attendait pour un discours, en compagnie de tout le Gotha centriste, Jean-Marie Bockel (Gauche moderne), Hervé de Charrette (Convention démocrate), Jean-Louis Borloo et Hervé Morin, il n’est pas venu. Pour raison personnelles. Et il ne viendra pas dimanche non plus, lors du congrès du Parti radical : il a du boulot dans son département.

Et quand le Point l’interroge : “Je suis favorable à un rassemblement de tous les centristes, mais à trois conditions : l’indépendance politique, être résolument au centre et enfin ne jeter aucune exclusive”, dit-il . De Jean-Louis Borloo, il attend “des actes” et doute qu’il aille “jusqu’au bout”.

On souhaite bien du courage aux promoteurs de la Confédération centriste.

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s