L’Inde achète français : des Rafales, on le sait, mais aussi des footeux

 

La bonne nouvelle du jour, c’est non pas que l’Inde a acheté des Rafales, mais qu’elle a retenu le Rafale pour des négociations exclusives, et donc que la négociation se joue maintenant uniquement entre Dassault et le gouvernement indien. On ne voit donc pas pourquoi il faut se réjouir maintenant, le Brésil nous a déjà fait le coup du rétropédalage, pourquoi pas l’Inde ?

Tout ça, ça serait (si la vente se conclut, hein) grâce à notre National Sarko (Hollande en ferait-il autant ? Je pose la question). En effet, Enzo Casolini, le patron du consortium Eurofighter (concurrent de Dassault, dans cet appel d’offres) déplorait en 2008 dans le Financial Times que « ses » Etats membres (Royaume-Uni, Allemagne, Espagne et Italie) n’en fassent pas assez pour promouvoir cet avion à l’étranger, et il s’écriait : « Regardez ce que Sarkozy fait pour la France »!

Aha. Si c’est Enzo Casolini qui le dit. Et en effet, on a bien vu Nicolas Sarkozy se faire le VRP de l’industrie militaire française. Avec des résultats plutôt soft : le Brésil a changé d’avis, et les négociations avec les Émirats arabes unis, le Qatar et le Koweït n’ont rien donné – pour l’instant.

 

Ça frétille donc de joie dans les coulisses du pouvoir, prompt à s’emparer de ce pré-succès, qui fait du bien après l’interminable atonie médiatique du Président. Je ne résiste pas à un petit tour d’horizon des déclarations relatives à ce qui n’est pourtant pas encore un succès :

 

Tout d’abord, vendant la peau de l’ours avec une vergogne toute politicienne, Nicolas Sarkozy s’est félicité de ce “signal de confiance pour toute l’économie française”, pas moins, il a ajouté, ce qui montre que la France ronge son frein depuis belle lurette : “Il n’y a pas de fatalité. Ca faisait 30 ans qu’on attendait ce jour”.

De son côté, Fillon, avec son faux air de prédicateur anglican, a été plus docte dans son appréciation : “Je pense que nous pourrions ensemble partager l’honneur qui est fait à notre pays par l’Inde. Il y a là un moment qui doit être de satisfaction pour l’ensemble des Français”.

Mais c’est Gérard Longuet qui a trouvé la formule la plus sympa : “Les bonnes nouvelles sont comme les ennuis, elles volent en escadrille. Là c’est le début d’une escadrille de bonnes nouvelles”. Vous aussi, rassurez-moi, vous entendez : “Ouf, on sort du merdier” – ou je rêve ?

 

Quoiqu’il en soit, mieux vaut attendre pour se réjouir que le contrat soit signé. Et qu’il le soit ou non, on peut se demander s’il n’y aurait pas lieu plutôt de regretter que la France vende des armes, et s’il ne serait pas plus réjouissant de signer des contrats de constructions d’hôpitaux ou de réseaux routiers (il n’y a pas de routes en Inde, c’est une légende).

 

En revanche, ce dont le Président s’est moins félicité, c’est de l’achat par l’Inde de joueurs de foot, dont UN FRANÇAIS. En effet, en Inde – pays dans lequel on joue au criquet matin, midi, soir et même la nuit – il est des gens qui se sont mis en tête d’organiser un championnat de football (comme le Qatar, la Chine ou le Daghestan). Pourquoi aller ainsi à marches forcées contre une culture ? Le foot, sport le plus pratiqué du monde, est totalement inconnu dans le deuxième plus grand pays et plus peuplé pays d’Asie. Et le foot, ça rapporte. Après tout, si le cricket s’est répandu en Inde, pourquoi pas le foot, hein ? C’est ce que ce sont dit plusieurs audacieux millionnaires indiens, qui se constituent des équipes de foot dans le but de développer le marché – en foot, en Inde, tout reste à faire.

 

Quoiqu’il en soit, comment faire dans un pays où personne ne joue au foot, pour organiser un championnat ? Simple : il faut acheter des joueurs qui savent jouer. Pour frapper un grand coup, les organisateurs ont mis sur pied une vente aux enchères, en lieu et place de session de recrutement.

 

Laquelle a eu lieu lundi, dans un palace de Calcutta, vente dirigée par un commissaire-priseur, et durant laquelle chaque équipe (chacune d’elle propriété d’un milliardaire indien) avait le droit de recruter un “joueur vedette” et un entraîneur, et un maximum de quatre joueurs étrangers.

Et c’est là que l’Argentin Crespo a été vendu à Barasat pour 840 000 dollars. L’Italien Cannavaro et le FRANÇAIS Pirès ont été “adjugés” respectivement pour 830.000 et 800.000 dollars à Siliguri et à Howrah.

Bon, on peut déplorer qu’il ait été vendu moins cher qu’un Argentin et un Italien. Est-ce pour cela que Nicolas Sarkozy ne s’en est pas vanté ?

 

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