Pourquoi voter à droite en 2012 ?

Tiens, sur le blog de Nicolas, une bonne question. Après avoir noté que ses lecteurs sont de gauche, et donc ne voteront pas Sarkozy, et la futilité de convaincre des gens de gauche de voter à gauche (et là ça serait un autre sujet, sur lequel il y aurait à dire, aussi), il s’interroge sur les motivations du type qui votera à droite, lesquelles lui paraissent mystérieuses.

Un petit paragraphe pour évoquer la vie de l’électeur sarkozyste (une vie ordinaire), un autre sur le fait qu’il n’a pas le temps ou pas l’habitude de lire des blogs, une conclusion (cet électeur potentiel n’a pas donc pas eu le temps de comprendre le message, ou bien il est blasé), et la conséquence :  il faut informer, faire circuler l’info, et voilà. L’info du moment étant une petit infographie sympatoche récapitulant les malheurs de la France sous Sarko.

Ça ne mange pas de pain de faire circuler l’info, mais au delà de ça, le problème posé est fichtrement intéressant, pourquoi vote-t-on pour tel ou tel homme politique.

Nicolas suppose qu’il y a dans le vote une réflexion, une analyse d’une situation, des faits bruts, voire mieux : des chiffres, et ensuite, en lien avec ça, une décision.

J’en disconviens respectueusement. Cela dit, on s’en fiche (que j’en disconvienne), je ne rédige pas ce post par esprit de contradiction mais plutôt comme un pense bête d’une question qui me revient souvent à l’esprit.

Nous vivons dans un monde où l’on a le choix, et où on explicite tellement les processus de décisions (en entreprise par exemple) que nous sommes formatés à penser que les choix sont rationnels, et s’effectuent après analyse. Foutaises.

En entreprise, par exemple, je connais très très très bien des gens qui ont été 6sigma manager. A une époque, on s’est mis à créer des 6 sigma manager partout, et il n’y a rien de plus rationnel, en apaprence, que le 6 sigma management. 6 sigma allait sauver le monde, l’entreprise, tout ça. 6 sigma c’est super. Tu observes les processus de production de ton entreprise. Tu repères où ça merdoie. ça merdoie en 3 points (par exemple : là, là et là). Tu réunis ton équipe. Avec ton équipe tu te fixes un challenge (faire en sorte que là, là et là, ça ne merdoie plus). Les gars on va améliorer la production, on va limiter voire supprimer les ratés. Wahou les mecs c’est le new challenge. Allez allez allez. On se réunit, on met en place des procédures de remédiation. Ah non, excusez !  la remédiation c’est dans l’Education Nationale. Je confonds tout. Avec 6 sigma, on met en place un DMAIC.Ça veut dire DefineMeasure,AnalyzeImproveControl. A chaque étape on fait des powerpoint et une réunion, et on prend des décisions pour l’étape suivante. D’abord on define le probleme, après on le measure, etc. Ensuite, quand c’est fini, on fait un power point de récap et on se réunit avec le 6 sigma black belt manager régional. Après, le 6 sigma black manager régional bidouille un power point récapitulatif de tous les DMAIC locaux, puis, lors d’une réunion avec les autres  6 sigma black belt manager régionaux (occasion de frais d’avions et d’hotels de luxe), ils se montrent fièrement les uns aux autres leurs power point de tous leurs DMAIC locaux. Ils s’autocongratulent de tous ces projets menés à bien. Et pondent un power point récapitulatif global. Puis le big boss 6 sigma rencontre le big boss de la boîte et il lui diffuse le power point ultime, super recap de tous les projets menés dans le monde et le big boss lui dit : “C’est la crise, gars, tu me vires ou me recases tous les  6 sigma manager (black belt ou green belt). Et après, tu te te vires ou te recases toi même”. Alors on vire ou on recase les 6 sigma manager et on se rend compte que tous ces processus ultra rationel de décision, ces power point en cascade pour expliquer, expliciter, rationaliser le truc, c’est de la foutaise et que les choses marchent aussi bien avec un directeur de site compétent qui vérifie rigoureusement que tout fonctionne. Et que le fric (le salaire des 6 sigma et les frais de déplacement pour repérer tous les endroits où la prod merdoie), on aurait pu l’employer à autre chose (augmenter les employés qui produisent, par exemple). Alors qu’il n’y a rien de plus rationnel et analytique que le système 6 sigma.

Mais en plus de tout ce processus, on se sert de cet outil de mesure et d’analyse, pour mettre en place des projets qui correspondent aux idéologies du moment ; l’écologie par exemple ; il faut être green ; alors on met en place des projets green, pour faire des power point sur le sujet et faire exister administrativement le projet ; peu importe que le projet soit irréalisable ou même irréalisé : s’il existe dans l’univers des power point, si on peut quantifier et photographier quelques réalisations, alors tout va bien. A la rigueur, on peut décider de mettre des plantes vertes dans une salle de repos, et présenter ça comme un projet ; rationnalisé et quantifié ; le projet a un coût, une date d’élaboration, de réalisation, il peut se photographier et on peut même peut-être filmer des témoignages de satisfation des employés qui sont heureux d’avoir des plantes vertes dans leur salle de repos (et un tableau statistique de l’augmentation de la satisfaction des employés depuis qu’ils ont des plantes vertes dans la salle de repos). Toutes ces rationalisations, tout ce processus décisionnel devient un folklore entourant toute décision, même de bon sens. Il y a une certaine poésie absurde à produire de la rationnalité inutile, c’est un peu la vengeance de l’humanité, de la vie, face à la froideur apparente de la logique. Au final, ça sera une occasion pour les bigs boss de se réunir à l’autre bout du monde dans un 5 * pour regarder tous ces power point mise en scène dans un gigantesque show scénarisé en picorant dans le buffet.

Mais le management 6 sigma – qui bat de l’aile et a été remplacé par “lean”, je crois, lequel sera remplacé par autre chose – est simplement une preuve de ce désir forcené de rationaliser les activités humaines, alors que si l’homme était rationalisable, depuis le temps quelqu’un l’aurait surement remarqué. J’en parle, parce que cette tendance à la rationalisation me frappe terriblement. J’aime bien les processus en entreprise. Les processus et les procédures, et leur mise en place. Et dans els administrations ! C’est encore mieux. Mais je dévie. Je perds le fil. Reprenons.

En ce qui concerne le choix politique, il y a surement des personnes qui choisissent, à la marge des clivages politiques. Il existe sûrement des centristes hésitants qui ne savent pas s’ils vont tomber côté Sarko ou côté Bayrou, ou bien côté Bayrou ou côté Hollande, ou Duflot. (il faut dire qu’on a maintenant un choix de folie). Il y a surement des gens qui suivent un processus de décision dans leurs choix politiques. Mais les choix politiques pour la majorité d’entre nous sont mus par des processus qui nous échappent totalement et qui tiennnet à notre Weltanschauung (vision du monde), gravée en nous même. Elle peut s’être construite avec notre éducation, ou contre elle, ou à mi chemin.

Prenons juste un concept, celui de l’ordre établi. Pas plus tard qu’il y a trois jours, j’ai eu au téléphone une personne évoquant avec moi sa situation professionnelle. Sa boîte a été rachetée par une entreprise du CAC40 qui souhaite maintenant la revendre.

– Mais à quoi ça a servi ? m’étonné-je.

– A transférer leur dette, fut la réponse. Ils ont acheté notre entreprise qui était saine, maintenant c’est nous qui avons récupéré leur dette et ils nous revendent.

– Mais c’est monstrueux ! m’écriai-je horrifiée.

– Eh oui, me dit mon interlocuteur. Mais que veux-tu, c’est comme ça. Nous, on est obligé de subir. On a pas le choix. Que veux-tu qu’on fasse ?

Que veux-tu qu’on fasse ? Si le mouton qu’on mène à l’abattoir est fataliste, qu’il y aille, à l’abattoir. Je n’ai donc tenu aucun propos invitant à la subversion sociale mon interlocuteur (et j’en ai même éprouvé une secrète satisfaction). Quoiqu’il en soit, il m’a vraiment semblé un instant en être revenue au XVIIIème siècle, avant la Révolution. Mon interlocuteur tenait entre ses mains un chapeau, baissait la tête et écoutait “not’maît'” avec fatalisme : que peut-on devant les puissants ? Ben rien, allez, baisse la tête.

Cette personne vote à droite avec une détermination inaltérable. A part les 35 heures, qu’elle voue tout particulièrement aux gémonies, elle n’a rien de très défini contre les hommes politiques de gauche. Si on la pousse à avoir un avis, elle trouve Mélenchon marrant, Besancenot insupportable (on en a souvent parlé, parce que moi, j’ai toujours adoré ses facilités rhétoriques et sa pugnacité), ignore l’existence de Poutou (elle ne m’a pas cru quand je lui en ai parlé), les centristes inexistants (sauf Bayrou qu’elle regarde avec une curiosité sceptique s’accrocher, et Villepin qui la fait rire, forcément). Et le cas Marine Le Pen : tout à la fois attirée et effrayée – mais pour la raison que je vais donner ensuite, elle ne convient pas au pays. Bref, venons en à Sarkozy. Pour une telle personne, Sarkozy est le seul choix rationnel, il n’est pas besoin d’en parler. Elle peut fort bien reconnaître des initiatives tout à fait charmantes et pertinentes à des maires ou élus locaux socialistes, qu’elle impute, dans la conversation à leurs qualités humaines plus qu’à leurs choix politiques, mais à la tête de la France, seul un homme de droite (pas Sarkozy, un homme de droite, n’importe lequel) peut tenir la route. POINT. D’analyse, point. La dette, le discours délirant sur l’insécurité, elle ne s’en soucie pas, elle fait vaguement attention, ou alors “de toute façon on a peut-être exagéré, non ?” (vous donnez à cette phrase le sens que vous voulez ). Sa perception des choses est antérieure à l’analyse, et si elle analyse, elle tournera sa propre analyse de façon à conforter sa réaction instinctive, épidermique, irrationnelle. La gauche évoque pour elle des idées hasardeuses, des théories fumeuses, des dépenses sociales (alors qu’elle, elle bosse), avant même toute analyse. La gauche ça serait bien si on pouvait, si tout allait bien, si  on était riche. La gauche c’est les profs et les cheminots, ils ne se rendent pas compte. On ne peut pas, “surtout en ce moment”, tu as vu ce qui se passe en Grèce, on ne peut pas s’amuser, il faut des gens sérieux. A droite ils sont sérieux, ils ont des boîtes, ils “savent ce que c’est”.

Naturellement, je résume, synthétise et probablement caricature (je n’apprécie pas cette personne, on se tape des réunions familiales, c’est tout) la pensée, si on peut appeler cela penser, de cette personne. Il s’agit plutôt d’un ressenti. Cette personne est mariée à une autre personne, un peu plus revendicatrice, qui pourrait, elle, dans un moment de colère, voter à gauche – ou à l’extrême droite (me semble-t-il). Mais à aucun moment je n’ai eu la sensation que cette personne (ou son conjoint) ne réfléchissait à un choix. Le choix s’imposait de lui même, du plus profond de ses convictions, convictions plus philosophiques que politiques.

En fait, le mot choix ne convient pas. On a plutôt la sensation que quelque chose, une sentiment, une émotion, remonte du plus profond de l’être et incite au vote.

Si je reviens au post de Nicolas, qui se termine par “maintenant, à toi de jouer”, je ne suis pas en désaccord car il existe des personnes, j’en connais, qui réfléchissent et choisissent. Ce sont celles là qu’il faut viser dans une entreprise de persuasion et démonstration.

Mais pour les autres, il n’y a rien à faire, mais le sujet me fascine. Attention, ce genre de personne existe tout aussi bien à gauche. Il y a du gauchiste raisonneur, mais aussi du gauchiste épidermique. Je me souviens de la mère d’une amie, militante, mais pas militante rationnelle : au fond d’elle, l’aspiration à l’égalité et au bonheur pour tous la poussait à distribuer des tracts, un sourire charmant sur les lèvres, sur les marchés, àc ertaines périodes de l’année, qui devaient correspondre aux élections (j’étais jeune et suivais cela de très loin). Cette aspiration à l’égalité et au bonheur inspirait tous ses actes. Elle se torturait pour des gâteaux coupés en part inégales, ou inégalement distribués. “Tu as droit à une deuxième part de gâteau, venait-elle me dire. Tu n’en veux pas ? mais TOUT LE MONDE a eu deux parts. ” Dans sa famille, ils avaient l’habitude de sa façon d’être, et ingéraient docilement les doses prédéterminées de gâteaux ou autres mets, mais ma renonciation à mon droit de manger deux parts de gâteau la tourmentait. Son point de vue était logique, car une injustice allait être commise, quelqu’un aurait donc une part en plus (du fait de ma défection), au détriment de tous les autres. Il fallait donc que la part en trop aille au plus petit, à la plus agée, au malade. Mais il y avait aussi quelque chsoe de terrifiant, car pour être juste, l’ordre devait toujours être parfaitement respecté. Un jour, le père de ma copine avait dit en aparté : “j’adore ses gâteaux, mais je n’aurais jamais plus que ma part”. Car en tant que père, il était amené (contraint), comme elle, à se sacrifier, pour que la part aille au plus vieux, au plus jeune, au plus malade, au plus fragile. La gourmandise du mari ne serait pas satisfaite, car il s’agissait d’un caprice irrationnel, fauteur de déséquilibre. (Evidemment c’est exagéré, il allait à l’occasion farfouiller dans les armoires). Cette dame (charmante) fait le pendant avec cette personne dont j’ai parlé auparavant. Cette passion de l’égalité, exacerbée, me parait tout droit mener à un despotisme égalitaire atroce, sans espace pour les impulsions, facteurs d’injustice, tandis que le fatalisme de l’autre justifie explique monstrueusement les outrances du libéralisme. Mais dans les deux cas, il n’y a pas d’analyse, c’est une sorte de mouvement de l’âme, de la personne toute entière.

Edit : je ne vais pas tout recommencer, pas le temps, mais tout de même.

1. Je n’envisage pas du tout un exemple de personne votant légitimement à droite en 2012, mais ça, c’est de la faute de Sarkozy. Je peux concevoir qu’on vote à droite, SAUF quand il s’agit de lui. Pourtant, à force de le critiquer et d’enrager toute seule à son sujet, j’ai fini par le trovuer sympa (mais pas au point de voter pour lui, restons lucide). Quoiqu’il en soit, mon post est donc biaisé.

2. Je ne sais plus. Je retourne débarasser la table et je modifie après si ça me revient. Ah ça y est. Nom de Dieu. En homme politique de gauche, j’ai zappé Hollande. Ahem. Lapsus. Enfin, il est à gauche de Sarkozy, hein.

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Une loi pour Agnès et des roses pour Bastien : pourquoi il vaut mieux assassiner son propre enfant que sa camarade d’internat

Les parents assassins n’inquiètent pas le gouvernement comme les mineurs assassins.

Eh non.

Prenons deux faits divers.

L’un, celui qui a récemment défrayé la chronique : la mort d’Agnès, la petite lycéenne de 13 ans.

L’autre, celui de Bastien, l’enfant de 3 ans martyrisé par ses parents et mort dans un lave linge, et qui a été enterré mardi.

Deux morts bouleversantes, monstrueuses, atroces. Deux morts qui auraient pu – ou pas – être évitées. Deux morts médiatisées, mais pas du tout de la même façon.

Dans un cas, le coupable est un adolescent, le crime associe le viol, le meurtre et des violences sadiques. La victime est une jeune adolescente impuissante.

Dans l’autre, le coupable est un parent, le crime ne comporte pas d’agression sexuelle, mais des violences sadiques et le meurtre. La victime est un enfant impuissant.

Pour Agnès, la presse, les blogs, puis le gouvernement, tous se sont indignés du “laxisme” des juges, de la justice, et du manque de concertation entre les différentes acteurs (justice, école) qui ont abouti à accepter dans un internat mixte un jeune homme avec de lourds antécédents d’agressions, de violence et de viol.

Pour Bastien, personne (ou pas grand monde) ne s’est indignés du laxisme d’un système qui les a laissé torturer et assassiner un enfant de 3 ans. Et le gouvernement ne s’est pas réuni en urgence pour prévoir une augmentation des peines envers les parents maltraitants et meurtriers.

Pourquoi ? Pourquoi la mort d’une enfant innocente provoque-t-elle une telle levée de bouclier, la recherche hystérique et irrationnelle de boucs émissaires et pourquoi la mort d’un autre enfant innocent, tué par son père sans que sa mère fasse rien, soulève-telle aussi peu de questionnement ?

Pourquoi la mort d’Agnès va-t-elle peser sur le destin des délinquants mineurs, puisqu’on estime approprié de légiférer pour que “cela ne se reproduise plus”, et pourquoi la mort de Bastien ne pèsera-t-elle pas sur le destin des parents maltraitants, puisqu’on n’a pas jugé utile de légiférer ?

(Je précise que dans un cas comme dans l’autre, je ne pense pas qu’il faille changer les lois, mais donner à la justice et aux services sociaux les moyens de faire correctement leur travail).

Mais pourquoi, dans un cas, stigmatiser un criminel, l’adolescent violeur, et dans un autre, ne pas même y faire allusion ?

Pourquoi ? La réponse est évidente et me met hors de moi, en tant que mère de deux garçons proches de l’adolescence : les jeunes sont perçus par l’opinion publique, et partant par le gouvernement, comme des vecteurs d’insécurité bien plus importants qu’un parent maltraitant.

Même si les jeunes violeurs criminels ne representent qu’une fraction infime de la délinquance juvénile, ils servent d’épouvantail. La délinquance augmente ! L’insécurité augmente ! La peur est là ! (Nicolas Sarkozy adore la peur) Et la faute à qui ?

La faute aux coupes budgétaires qui empêchent d’augmenter les effectifs de police dans les zones les plus sensibles ?

Non ! Bien évidemment !

Ça ne sont pas la police ou la justice débordées qui manquent de moyens ou de structures pour repérer, suivre et encadrer les jeunes délinquants, ce sont les jeunes délinquants eux mêmes, de plus en plus nombreux, de plus en plus précoces et de plus en plus violents, qui sont à l’origine du problème.

C’est donc à eux qu’il faut s’attaquer. La jeunesse, cette menace pour l’avenir.

Pourtant, regardons les faits.

1. En France, en 1993, dernière année pour laquelle la police et la gendarmerie nationales ont produit des chiffres fiables d’« infanticides », ceux-ci représentaient 3,8 % de l’ensemble des homicides alors que les enfants de moins de 1 an ne constituaient que 1,2 % de la totalité de la population française. Les enfants de moins de un an (et dans une proportion moindre les enfants de moins de 5 ans) sont donc victimes de meurtres dans des proportions plus élevées que les autres catégories de la population. Rien de précis mais des chiffres carrément alarmants.

2. C’est avant l’âge de 1 an que le taux d’homicide est le plus élevé de tous les âges de la vie. Or, avant un an, qui est le tueur ? Le plus souvent, c’est l’un des parents. (même source que précédemment, mais quand j’ai lu ça j’ai cru défaillir)

3. Il y a eu en 2011 52 homicides sur enfants de moins de 15 ans. On ne sait pas quelle part concerne les enfants de moins de 1 an, de moins de 5 ans, et quelle est la proportion d’enfants tués par leurs parents. On ne le sait pas, parce qu’il n’y a pas de colonne pour ça. On sait aussi qu’il y a eu dans la même période 17 000 cas de violences et mauvais traitements d’enfants (voir là) et que les meurtresd’enfants de moins de 1 an sont sous évalués. (ils passent comme des accidents)(j’y reviendrais). (lire le bulletin mensuel de l’observatoire nationale de la délinquance et des réponses pénales, mois de novembre, page 40, graphique orange)

4. A l’inverse, les meurtres de mineurs par des mineurs, même s’ils font sensation dans les journaux, sont nettement moins nombreux : 1 à 2 cas par an.

5. Anne Tursz, directrice de recherche à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale , a épluché les données sur la maltraitance et la mortalité infantiles fournies par les hôpitaux, la justice, la police ou la gendarmerie. Le constat est, selon elle, atterrant. La sous-estimation des homicides de nourrissons de moins d’un an est telle qu’on peut proposer une correction en multipliant le chiffre officiel par 3 à 10.» Ce ne serait plus 10 ou 20 mais au moins 30 et jusqu’à 200 bébés qui seraient tués chaque année. Là encore (et Anne Turz estla première à le dire) on manque de données précises, faute d’étude. (il est peut-être excessif de multiplier les données par 10, mais ça n’est pas en enterrant le problème qu’on y verra plus clair). (lien relatif à un ouvrage cité plus haut et qui le décortique un peu)

Donc, il est clair que le nombre de parents assassins dépasse celui des mineurs assassins.

Justement, on ne dispose pas de chiffres parfaitement clairs et facilement exploitables: les statistiques policières ne se concentrent pas sur cette catégorie de meurtres. Ce qui en rend le chiffrage encore plus approximatifs. Pourquoi cherche-t-on à chiffrer le nombre de mineurs délinquants et criminels et PAS le nombre de parents violents et criminels ?

C’est une volonté politique qui se cache derrière cela. Le mineur potentiellement violent fait peur ; il effraie le chaland et l’électeur ; le mettre en avant, insister sur sa dangerosité, faire du battage médiatique, puis annoncer des mesures contre ces dangereux éléments, ça, c’est un petit jeu auxquels certains hommes politiques adorent jouer. Surtout en période de campagne électorale.

A l’inverse, le parent qui brutalise ses enfants au point, dans certains cas, de les tuer, celui-là ne fait pas augmenter le sentiment d’insécurité (il fait augmenter l’insécurité elle même : en éduquant ainsi des enfants perturbés, il contribue à l’augmentation de la souffrance psychologique et des maladies mentales de la population, laquelle est un vecteur d’insécurité), car le parent fait cela discrètement, chez lui, dans son salon ou sa cuisine. A l’inverse des adolescents, il ne se balade pas dans les centre villes en jetant des regards menaçants et provocateurs aux bonnes gens qui rentrent du marché. Le parent maltraitant fait cela discrètement. On peut donc l’oublier. Quand le parent devient meurtrier, le fait divers horrifie, mais il n’effraie pas. Les enfants de moins de 5 ans ne votent pas et ne portent pas plainte.

A l’inverse, quand le mineur, en bande ou solitaire, passe à l’acte, il horrifie éventuellement ET il effraie, car nous nous identifions tous à la victime (soit nous, adultes, soit nos enfants, soit, éventuellement, nos parents).

Donc, quand le mineur assassine, une ou deux fois par an,le gouvernement se réunit et décide entre autre de “prévoir qu’il ne soit plus possible d’inscrire un élève dans un établissement scolaire sans avoir informé de façon complète notamment le chef d’établissement et le psychiatre chargé du suivi, en cas de placement sous contrôle judiciaire dans des cas aussi graves, dans le respect des règles sur le secret des enquêtes.” Et il communique furieusement sur le sujet, le gouvernement, parce que c’est grave et qu’il ne veut pas avoir l’air de sous estimer le problème.

Mais quand le parent assassine, le gouvernement ne se réunit pas et ne décide … rien.

A quoi joue DSK ?

Eh bien, c’est une nouvelle journée, toute fraîche et toute jolie (enfin pour moi) qui commence. Et c’est un nouveau mois aussi.

Et donc, c’est le jour choisi par DSK (enfin son biographe ) pour faire son retour dans l’actu. Le troisième, je crois. Ou le quatrième. Je suis un peu perdue dans les retours.

En fin de semaine dernière, un journaliste américain, Edward Jay Epstein, avait fait pleuvoir des scoops sur le sujet. Le principal étant la mystérieuse disparition d’un Blackberry.

Nous promettant même une vidéo de deux hommes se réjouissant mystérieusement et sous les caméras de l’arrestation de DSK. Mais finalement il s’avéra qu’il n’avait pas la vidéo. Quelle déception ! Le scoop fit ploutch, sous l’ironie de certains journalistes français.

Aujourd’hui, c’est un autre journaliste, biographe de Dominique Strauss-Kahn, Michel Taubmann, qui nous sort sa version.

C’est un peu dommage, un intervalle plus long entre les deux eut été préférable. Mais qu’à cela ne tienne.

Dans cet ouvrage, DSK reconnaît avoir eu «une vie sexuelle libre», ce qui selon lui est fort commun dans la politique ou les affaires, mais il n’a «rien fait d’illégal».

Cependant, cette biographie porte en elle-même son lot de révélations : la façon dont Nafissatou Diallo est dépeinte risque fort de faire parler d’elle à nouveau dans les jours qui viennent. En gros, DSK est Adam et Nafissatou, Eve. Elle lui propose une pomme ( la pomme n’est-elle pas une représentation du sexe féminin ?). Que fait Adam ? On le sait très bien, ça fait 5000 ans qu’on le sait. Il ne résiste pas à la tentation. CQFD.

Sous la plume de Michel Taubman, cela donne :

«Sortant de la salle de bains en tenue d’Adam, le directeur général du FMI se retrouve face à Nafissatou Diallo qu’il voit pour la première fois. La jeune Guinéenne paraît surprise, mais nullement terrifiée. DSK n’est pas bégueule. (…) Nafissatou Diallo, traversant la chambre, se dirige vers la sortie. Mais elle ne se hâte guère. Strauss-Kahn s’en aperçoit. Il la suit du regard dans le couloir. Nafissatou Diallo se retourne. Elle le fixe droit dans les yeux. Puis elle regarde ostensiblement son sexe. La chair est faible. (…) Il ne résiste pas à la tentation d’une fellation.»

Mais ce n’est pas tout. Michel Taubmann rebondit aussi sur le portable : il liasse clairement entendre que Nafissatou Daillo aurait volé le Blackberry de DSK. Selon lui, le téléphone a «très vraisemblablement disparu dans la suite 2806 du Sofitel», et il donne, pour le prouver, un détail des appels téléphoniques passés par DSK avant que le téléphone s’évanouisse dans la nature.

Or, seuls Nafissatou Diallo et un inconnu, peut-être un ingénieur chargé de la vidéosurveillance» arrivé avant la police peuvent l’avoir volé. Mais Michel Taubman estime«possible que le directeur général du FMI ait été espionné à l’aide d’une caméra dans sa chambre pour lui voler son portable» et que «la femme de chambre (ait été) chargée de distraire DSK».

Bon. Pas la peine d’en dire plus, on saisit l’idée : Nafissatou Diallo séduit DSK pour lui subtiliser son portable ; va savoir, elle est peut-être agent secret.

Apparemment, cette interprétation va être la ligne de défense de DSK. Que ce dernier ait une ligne de défense n’est pas surprenant, il est tout de même sous le coup d’un procès au civil aux Etats-Unis, ce qui surprend, c’est de donner autant de publicité à la chose.

A ce stade, espérer (?)sauver (?) sa situation en enfonçant Nafissatou Diallo ne me paraît pas d’une fort grande habileté. Est-ce ce qu’il essaie de faire ?

La perplexité m’habite.

DSK – et son épouse, ses soutiens, etc – ne craignent-ils pas que cet ouvrage, au final, ne le desserve, purement et simplement, dans une opinion qu’il semble pourtant désireux de reconquérir ? Ne vaudrait-il pas mieux pour lui disparaître ? Ou est-il persuadé de pouvoir survivre à cette affaire ?

François Hollande a (presque) un QG de campagne

Ça y est ! Hier quasi SDF, en quête d’un QG de campagne qui ne soit pas trop luxueux, François Hollande a trouvé son bonheur :

“A partir du 1er décembre, l’équipe de François Hollande s’installera au 21, rue de l’Arcade dans le VIIIe arrondissement de Paris”, c’est Pierre Moscovici qui le dit.
Il précise que les locaux sont situés près de la Madeleine et surtout, qu’ils “seront temporaires et dédiés au candidat et à la direction de campagne”. D’ici là, le service de presse et les services généraux demeurent dans les locaux du Parti socialiste.

Mais ? dîtes-vous surpris. C’est que ça n’est pas fini. Au 1er janvier 2012, l’équipe s’installera dans le vrai local de campagne, mais pour l’instant, on ne sait pas du tout où il se situe. C’est secret. Plusieurs média, dit Libération, évoquent la place Vauban, derrière les Invalides.
“Nous ne sommes pas dans l’incertitude”, observe Moscovici, cité par le journaliste de Libé qui a du poser la question. “Nous avons trouvé, il ne reste que quelques détails administratifs à régler”. On ne saura rien de plus.

On récapitule : durant tout le mois de décembre, Hollande aura donc un local de campagne dans le 8ème, et des services de presse et généraux rue de Solférino.

Rappelons que François Hollande avait décidé de ne pas installer son siège de campagne au 103, rue de Grenelle, à Paris, dans le 7e arrondissement, l’un des plus chers et les plus chics de Paris, dans lequel le prix du mètre carré dépasse vite les 10 000 euros.
Le 21, rue de l’Arcade, dans le quartier de la Madeleine, est dans les prix envisagés par le PS, selon Moscovici.

Dégradation de la note française (ou pas)

1. Fillon est dans le déni : “Je peux vous dire que La Tribune raconte n’importe quoi”, lit-on dans le Figaro.
2. Baroin ne change rien : sur France TV, on apprend que “Nous ne travaillons pas sur un troisième plan” d’austérité” .
Et de toute façon, “nous avons de la marge pour faire face” à la récession.

(Note : Le Financial Times le place à la 15ème place sur 19 ministre des Finances européens, si, si).

3. Guéant s’occupe des fraudeurs sociaux immigrés, ça coûte cher aussi :

175 000 euros d’indus”  ont été récupéré dans le Val-de-Marne, avec un dispositif “pilote” de coopération entre la police et la Caisse d’allocations familiales (CAF).

Certains bossent et convoquent la presse pour le faire savoir, pour situer les vrais problèmes de fond.

 

 

La junk food et les mannequins

Dans un article récent, Glamour, que je ne lis pas assez souvent, mais j’ai l’intention d’y remédier, signalait “qu’il est désormais sexy pour un mannequin d’afficher son amour pour la malbouffe, (alors que) dans la vraie vie, une fille enrobée sera toujours perçue comme incapable de maîtriser ses pulsions”.

Et ça, maitriser ses pulsions, dans notre société, c’est mal. Ça me fait penser à une conversation avec une amie psy sur l’anorexie. Elle m’expliquait que les filles ont une sensation de total control enivrante.

Mais ça n’est pas ce que je voulais noter.

Pourquoi ce lien, surprenant, entre une fille maigre, et des frites avec de la saucisse ? Parce qu’il fut un temps où l’on associait le mannequin à la feuille de salade et à la tranche de tomate.

Donc, à la maigreur. La trop grande maigreur.

Or, la maigreur, c’est mal, moralement.

Donc il s’agit d’être maigre, MAIS de prouver qu’on baffre.

Le mannequin taille 34-36 l’est naturellement.

Au risque, note le mag, de brouiller le message et de stresser les lectrices, qui ne vont pas réussir à demeurer squelettiques en ingérant des tonnes de frites mayo.

Alors ? Que faire ? On ne sait pas, mais, pragmatique, l’article renvoit à un livre et un site de régime.

Et moi, je vais faire des abdos, car j’ai le ventre mou.

Tuerie en Norvège : Breivik irresponsable

Un malheur n’arrive jamais seul.

Non seulement on va tous mourir de la crise économique, mais…

les psychiatres estiment que le tueur d’Oslo n’est pas responsable pénalement de ses actes.

Rappelons que Behring Breivik, qui reconnaît les faits, refuse en revanche de plaider coupable, estimant qu’il s’agissait d’un acte de guerre et que son geste était “atroce mais nécessaire”. Un acte de guerre contre quoi ? Contre l’“invasion musulmane” et le multiculturalisme en Europe.

Et derechef, les psychiatres le déclarent irresponsable.

Certaine femme politique blonde, ou son père borgne, pourrait en profiter pour effectuer son dérapage semestriel. “Quand on s’oppose à l’idéologie du système, on est déclaré irresponsable”. Etc, etc. Elle peut tenir des heures avec un sujet comme ça.

Je trouve ça aberrant, et insupportable, cette façon de déresponsabiliser les gens. Le type a préparé son coup, posté des vidéo, il y a réfléchi… Il ne s’agit pas d’un type qui remue des idées racistes et puis qui les met en action dans un moment de rage, et dont on peut admettre que le fantasme aurait pu rester à l’état de projet, d’idée fumeuse, sans un concours de circonstances, non : là, il a tout planifié.

Il n’est pas plus irresponsable que ces trois tueurs nazis qui ont été découvert en Allemagne.