La farce d’hier

1. A la télé, Nicolas Sarkozy affiche un virage pâle (titre de Libé).

WTF ?
2. Nicolas Sarkozy tente de recruter à droite : il envisage de “diviser (l’immigration) par deux avec une limitation à 100 000 étrangers par an contre un plus de 180 000 aujourd’hui (Claude Guéant avait précédemment annoncé une baisse à 150 000).” Et ça n’est pas tout : il “a annoncé une restriction des conditions de régularisation par le regroupement familial ou le mariage avec un Français. Il a notamment annoncé, en plus des conditions de ressources et de logement, la mise en place d’un examen préalable pour ces étrangers. ” (dans les consulats d’origine des postulants).

Suivez mon regard.
3. Mais il y a aussi les mesures pour casser son image de Président des riches.
Il va “créer un impôt sur les bénéfices minimum pour les grands groupes en France, ceux du CAC 40, parce que(il a) découvert quelque chose de pas normal”, à savoir qu’ils “maximisent les avantages fiscaux” et qu'”une partie d’entre eux ne paient pas du tout d’impôts”.
Dites moi que je rêve. Il vient de le découvrir.

 

Mais bon, il est resté flou sur l’ensemble de la mesure.

Marine et la viande hallal : Dimanche 19 février

Aujourd’hui, le nouveau prétexte de Marine Le Pen pour faire parler d’elle a été de parler de la viande hallal. Elle avait déjà lancé un polémique sur les Quick Hallal il y a deux ans, début 2010. Voilà que Marine le ressort.

Donc, 1. Marine attaque : “toute la viande distribuée en Ile-de-France est halal“. Simple et efficace, méthode Le Pen.

2. Le professionnels répondent : c’est même pas vrai.

Le Ministère de l’agriculture et de l’alimentation : “La viande qui est distribuée en Ile-de-France ne provient pas exclusivement d’abattoirs d’Ile-de-France, parce qu’il y en a très peu et que ce sont de tout petits abattoirs”.”Elle provient essentiellement du marché de Rungis, où arrivent des viandes qui proviennent d’un peu partout en France” (source)

“Par contre, il peut se trouver que des pièces ou des morceaux de viande soient issus de carcasses abattues selon ce rite, mais ça ne change en rien la qualité de la viande et cela ne modifie pas du tout les qualités du produit” (source)

Mais d’où Marine Le Pen a-t-elle pêché une telle idée ?

La sortie de Marine Le Pen est intervenue deux jours après la diffusion d’un reportage d'”Envoyé spécial”, sur France 2, consacré aux abattoirs en France et dans lequel François Hallépée, directeur de la maison de l’élevage d’Ile-de-France, affirme que “les cinq abattoirs qui fonctionnent en Ile-de-France abattent tous selon le rite musulman, donc 100 % de l’abattage est halal en Ile-de-France”. (source)

Eh ben voilà. Ça nous fera le dimanche. Le week end s’annonçait mou.

L’Ile-de-France (grosse, grosse production locale de viande, comme on sait) et ses abattoirs.

Justement, nous, on a fait une pierrade au boeuf et aux légumes ce midi. La viande était probablement hallal aussi. (Seuls les musulmans vendent du boeuf ici). Ce qui n’a rien à voir avec la choucroute. Mais je le dis quand même.

Tous fichés à 15 ans : le fichier des honnêtes gens, c’est pour aujourd’hui

En juillet dernier, j’ai posté un texte dont le titre était : Tous fichés à 15 ans : la loi votée dans l’indifférence générale.

Depuis juillet, la loi a poursuivi son chemin, qui, comme il est normal pour une loi, l’a mené de l’Assemblée Nationale au Palais du Luxembourg (le Sénat).

Et les sénateurs se sont montrés nettement plus scrupuleux que les députés sur le sujet, force est de le reconnaître. Et force est de le reconnaître aussi : ils se sont montrés plus scrupuleux TOUTES TENDANCES POLITIQUES CONFONDUES. Ils ont essayé de limiter les modalités d’accès à ce fichier, et de ne pas autoriser l’exploitation policière de ce fichier.

Citons François Pillet, sénateur UMP, peu suspect de laxisme à l’encontre du délinquant moyen, rapporteur du projet, héros et hérault des débats :

Monsieur le ministre, nous ne pouvons pas, élus et Gouvernement, en démocrates soucieux des droits protégeant les libertés publiques, laisser derrière nous – bien sûr, en cet instant, je n’ai aucune crainte, en particulier parce que c’est vous qui êtes en fonction – un fichier que d’autres, dans l’avenir, au fil d’une histoire dont nous ne serons plus les écrivains, pourraient transformer en un outil dangereux, liberticide. Nous aurions alors rendu possible, dans le futur, la métempsycose perverse d’une idée protectrice ! Et les victimes pourraient dire, en nous visant : ils avaient identifié le risque et ils ne nous en ont pas protégés.

Monsieur le ministre, je ne veux pas qu’à ce fichier ces victimes puissent alors donner un nom, le vôtre, le mien ou le nôtre.


L’envolée lyrique du sénateur a donné lieu, comme le rapporte sobrement le compte rendu de la séance, à de vifs applaudissements sur plusieurs travées de l’UMP, ainsi que sur les travées de l’UCR et du groupe socialiste-EELV.


En vain.

Le Sénat n’a pas réussi à faire modifier la loi. Or, en cas de désaccord entre les deux chambres, c’est l’Assemblée qui a le dernier mot.

Et le dernier mot, c’est aujourd’hui.

En d’autres termes, la métempsycose perverse de la loi, c’est comme si on y était.

Rappelez-vous, il ne s’agit de rien moins que de ficher les gens honnêtes, vous savez, les gens comme vous et moi, qui n’ont rien fait, et ne feront jamais rien de répréhensible. Mais alors, s’ils sont honnêtes, pourquoi les ficher ?

Mais, pardi ! pour les protéger des gens malhonnêtes qui usurpent leur identité. Claude Guéant évoque les gens malhonnêtes qui se glissent dans ce fichier, tels de viles limaces, alors qu’à moins de ne pas être français (mmmmmmmmm, mais je ne dirais rien), ils ont autant de raison d’y être que les autres, vu qu’il s’agit de ficher TOUS les français, honnêtes ou pas.

Le fichage prévu consiste en une puce qui contiendra les informations suivantes : nom de famille et d’usage, prénoms, sexe, date et lieu de naissance, domicile, taille et couleur des yeux, empreintes digitales (huit doigts) et photographie d’identité. La puce sera placée sur le passeport. Toutes les informations seront fichées dans un banque de données centralisée.

C’est ce qui pose problème. Pour protéger la vie privée, le Sénat recommande d’utiliser une technologie dite “à liens faibles“, dans laquelle un état civil renvoie à un « tiroir » contenant de multiples empreintes, de même qu’une empreinte correspond à un « tiroir » contenant de multiples états civils. Dans une base à lien fort, au contraire, à une identité correspond un ensemble de données biométriques personnelles.

Quoiqu’il en soit, un tel fichier (lien fort ou faible) ouvre la porte à de tels risques en matière de contrôle du citoyen et de réductions des libertés qu’il est liberticide. Mais comment s’y opposer, puisque même la majorité de l’Assemblée (le groupe UMP et le groupe PS EELV) n’est pas opposée à ce fichier mais seulement à ses modalités d’usage (qu’il sera facile de modifier par une nouvelle loi qui provoquera aussi peu d’intérêt que celle-ci).

La propagande sécuritaire du gouvernement a contribué à créer une atmosphère d’insécurité, propice à générer la peur ; le délinquant est partout. Il faut augmenter les procédures de contrôle et de sécurité, multiplier les lois, enfermer les jeunes, ficher les citoyens pour les protéger, et naturellement, cela ne suffit pas, puisque chaque délit ou crime est présenté, sur le mode dramatique, comme un échec, justifiant de nouvelles mesures, dans une sorte de fuite en avant qui ne mène nulle part, puisque, dans l’état de semi panique ainsi généré, on ne retrouve jamais la tranquillité.

Comment est-il possible de croire, à moins d’avoir une confiance imbécile dans la nature humaine, qu’un tel fichier ne sera jamais utilisé à des fins politiques ou policières, comment est-il possible de croire en la fiabilité absolue des empreintes digitales, qui peuvent être reproduites ou falsifiées, comment est-il possible de ne pas voir que chaque fois qu’on remplace le contrôle humain par un contrôle automatisé, on perd un peu d’humanité et un peu de liberté ?

Il faut vivre dans un monde de Maya l’Abeille sarkozyste où l’Etat est systématiquement bienveillant et où le pouvoir ne songe à rien d’autre qu’à protéger les citoyens des méchants délinquants et/ou étrangers qui les menacent. Aie confiance en ton président et ses sbires.

C’est donc aujourd’hui, souvenez-vous de la date. Nous sommes le 1er février 2012. Le jour où l’on a voté la première loi liberticide en France. Et qui s’en est rendu compte ?

Les articles de Jean-Marc Manach sur Owni à ce sujet. 
Fichez les tous.
Le fichage des honnêtes gens.

Sur le site du Sénat : les débats (un véritable délice, quand on sera tous en prison, on pourra se consoler en les relisant).

Sur Rue89, un article sur la course folle au fichage.

Une revue de liens sur le sujet.
Claude Guéant veut ficher tous les Français, sur 01Net.
Fichage de tous les Français, le gouvernement persiste (BastaMag).
Le fichage biométrique, une vraie bombe à retardement (Maxiscience).
Le Sénat toujours contre la création d’un fichier biométrique (Localtis)
Rien sur les principaux sites médias.

L’Inde achète français : des Rafales, on le sait, mais aussi des footeux

 

La bonne nouvelle du jour, c’est non pas que l’Inde a acheté des Rafales, mais qu’elle a retenu le Rafale pour des négociations exclusives, et donc que la négociation se joue maintenant uniquement entre Dassault et le gouvernement indien. On ne voit donc pas pourquoi il faut se réjouir maintenant, le Brésil nous a déjà fait le coup du rétropédalage, pourquoi pas l’Inde ?

Tout ça, ça serait (si la vente se conclut, hein) grâce à notre National Sarko (Hollande en ferait-il autant ? Je pose la question). En effet, Enzo Casolini, le patron du consortium Eurofighter (concurrent de Dassault, dans cet appel d’offres) déplorait en 2008 dans le Financial Times que « ses » Etats membres (Royaume-Uni, Allemagne, Espagne et Italie) n’en fassent pas assez pour promouvoir cet avion à l’étranger, et il s’écriait : « Regardez ce que Sarkozy fait pour la France »!

Aha. Si c’est Enzo Casolini qui le dit. Et en effet, on a bien vu Nicolas Sarkozy se faire le VRP de l’industrie militaire française. Avec des résultats plutôt soft : le Brésil a changé d’avis, et les négociations avec les Émirats arabes unis, le Qatar et le Koweït n’ont rien donné – pour l’instant.

 

Ça frétille donc de joie dans les coulisses du pouvoir, prompt à s’emparer de ce pré-succès, qui fait du bien après l’interminable atonie médiatique du Président. Je ne résiste pas à un petit tour d’horizon des déclarations relatives à ce qui n’est pourtant pas encore un succès :

 

Tout d’abord, vendant la peau de l’ours avec une vergogne toute politicienne, Nicolas Sarkozy s’est félicité de ce “signal de confiance pour toute l’économie française”, pas moins, il a ajouté, ce qui montre que la France ronge son frein depuis belle lurette : “Il n’y a pas de fatalité. Ca faisait 30 ans qu’on attendait ce jour”.

De son côté, Fillon, avec son faux air de prédicateur anglican, a été plus docte dans son appréciation : “Je pense que nous pourrions ensemble partager l’honneur qui est fait à notre pays par l’Inde. Il y a là un moment qui doit être de satisfaction pour l’ensemble des Français”.

Mais c’est Gérard Longuet qui a trouvé la formule la plus sympa : “Les bonnes nouvelles sont comme les ennuis, elles volent en escadrille. Là c’est le début d’une escadrille de bonnes nouvelles”. Vous aussi, rassurez-moi, vous entendez : “Ouf, on sort du merdier” – ou je rêve ?

 

Quoiqu’il en soit, mieux vaut attendre pour se réjouir que le contrat soit signé. Et qu’il le soit ou non, on peut se demander s’il n’y aurait pas lieu plutôt de regretter que la France vende des armes, et s’il ne serait pas plus réjouissant de signer des contrats de constructions d’hôpitaux ou de réseaux routiers (il n’y a pas de routes en Inde, c’est une légende).

 

En revanche, ce dont le Président s’est moins félicité, c’est de l’achat par l’Inde de joueurs de foot, dont UN FRANÇAIS. En effet, en Inde – pays dans lequel on joue au criquet matin, midi, soir et même la nuit – il est des gens qui se sont mis en tête d’organiser un championnat de football (comme le Qatar, la Chine ou le Daghestan). Pourquoi aller ainsi à marches forcées contre une culture ? Le foot, sport le plus pratiqué du monde, est totalement inconnu dans le deuxième plus grand pays et plus peuplé pays d’Asie. Et le foot, ça rapporte. Après tout, si le cricket s’est répandu en Inde, pourquoi pas le foot, hein ? C’est ce que ce sont dit plusieurs audacieux millionnaires indiens, qui se constituent des équipes de foot dans le but de développer le marché – en foot, en Inde, tout reste à faire.

 

Quoiqu’il en soit, comment faire dans un pays où personne ne joue au foot, pour organiser un championnat ? Simple : il faut acheter des joueurs qui savent jouer. Pour frapper un grand coup, les organisateurs ont mis sur pied une vente aux enchères, en lieu et place de session de recrutement.

 

Laquelle a eu lieu lundi, dans un palace de Calcutta, vente dirigée par un commissaire-priseur, et durant laquelle chaque équipe (chacune d’elle propriété d’un milliardaire indien) avait le droit de recruter un “joueur vedette” et un entraîneur, et un maximum de quatre joueurs étrangers.

Et c’est là que l’Argentin Crespo a été vendu à Barasat pour 840 000 dollars. L’Italien Cannavaro et le FRANÇAIS Pirès ont été “adjugés” respectivement pour 830.000 et 800.000 dollars à Siliguri et à Howrah.

Bon, on peut déplorer qu’il ait été vendu moins cher qu’un Argentin et un Italien. Est-ce pour cela que Nicolas Sarkozy ne s’en est pas vanté ?

 

Carrefour va toujours plus mal

La situation ne s’améliore pas pour le groupe Carrefour.
En France, le chiffre d’affaires des hypermarchés ne s’eméliore pas. – 4,7% d’octobre à décembre 2011, et déjà au troisième trimestre, la baisse était de -4,6% . Selon la direction, le travail de repositionnement sur le marché, pour concurrencer ses concurents moins chers, est en cours – voilàa qui ne va guère améliorer la vie des caissières. Et le concept de Carrefour Drive se met en place. Wait and see.
Mais ailleurs en Europe, la crise serre les budgets des ménages, qui consomment moins. En Italie, en Espagne et en Grèce, les ventes baissent de 4,3%; 7,4% et 8,8%. Il n’y a qu’en Belgique où la situation s’est stabilisée.
Au Brésil, les ventes ne décollent pas. La progression n’est que de 4,9%, alors que son concurrent, GPA, filiale de Casino, progresse de 8,7%.
Pire, en Chine, les ventes chutent de 6,1%. Explications : entre autres, des conditions météorologiques particulièrement clémentes. Carrefour attend l’hiver en CHine, quoi.
Résultat : le cours de Bourse descend inexorablement : à l’ouverture de la Bourse, le titre perdait 2,8% à 16,9 euros.

Comment Marine Le Pen réussit à rassembler presque 20 % d’intentions de vote…

Vous reprendrez bien un peu de sondages ? Mais comment donc.

 

 

Le dernier en date a été réalisé par téléphone auprès d’à peu près 1000 personnes. Ce qui me semble un petit peu mieux que via internet, mais 1000 personnes… J’imagine la salle d’où ont été passés les appels, les petites cases téléphoniques et les étudiants (ou pas) dans leurs petites cases en train de poser les questions à des personnes contactées par téléphone et qui n’ont qu’une seule envie : raccrocher.

 

Quoiqu’il en soit, le seul truc qui m’intéresse, ce sont les intentions de votes de ces 1000 personnes, représentatives ou non. Qu’est-ce que nous dit ce sondage là ?

 

Tous les écarts s’atténuent : Hollande baisse, Sarkozy reste stable, Le Pen monte : ça nous fait donc un tiercé de plus en plus équilibré, avec Hollande 29 % d’intentions de votes, Sarkozy 26% et Le Pen 19 %.

 

19 % des 1000 personnes interrogées sont donc prêts à voter Marine Le Pen au premier tour, ce qui tout à la fois m’accable et ne me surprend pas. Pourquoi ?

 

Marine Le Pen a très habilement tourné son discours vers le social, et ne se cantonne pas à déplorer l’augmentation du nombre d’immigrés en France, pas plus qu’elle n’insiste trop lourdement sur le retour aux valeurs traditionnelles. Finie, l’image épouvantail d’un FN facho-pétainiste. Marine Le Pen parle aux français de ce qui les touche, et ça fonctionne. Du coup, elle peut récupérer des votes d’un peu partout.

 

Chez les ouvriers, par exemple. On peut être surpris que ceux-ci ne votent pas à gauche. Mais le vote ouvrier de gauche est un mythe. Dès la fin des années 1970, bien avant que la gauche n’accède au pouvoir, les ouvriers ont progressivement cessé de voter pour le PS. Il y a eu une évolution. Juste après la Seconde Guerre Mondiale, les ouvriers vivaient dans un monde où le Parti communiste, fort de sa participation à la Résistance, jouait un rôle prépondérant, dans le cadre de conflits sociaux majeurs, avec des enjeux économiques énormes, dans une France encore relativement industrielle. Au contraire, les ouvriers des années 1980-1990 ont toujours connu Jean-Marie Le Pen, avec la question de l’immigration au centre du débat public.

 

En outre, la crise économique est passée par là, avec les échecs successifs des partis modérés sur la question du chômage. Enfin, la part des ouvriers dans la population active est inférieure à celle des employés et les ouvriers travaillant dans le secteur tertiaire est supérieure à celle des ouvriers travaillant dans le secteur secondaire. “ La classe ouvrière est désormais disséminée dans les rouages de la société de services et non plus soudée au cœur du système industriel ” (E. Maurin, Sciences humaines n°136, mars 2003).

 

En 2007, 32% des ouvriers et 16% des employés (le vote populaire, donc) ont voté Nicolas Sarkozy au premier tour puis il a été majoritaire dans les deux électorats au second (52% et 55%). Or, aujourd’hui, la déception des ouvriers à l’égard de Nicolas Sarkozy est immense, les votes se répartiront donc entre Hollande (plus de 60%) et Marine Le Pen. Même chose ou à peu près pour les employés. Ce sont donc bien ces catégories “populaires” qui feront la différence.

 

Non pas pour des raisons identitaires, mais sociologiques : les ouvriers et les employés se classent eux-mêmes dans… “les classes moyennes”. Ils ne se considèrent pas comme défavorisés, ils attendent au contraire considération et compréhension de la part des hommes politiques : or, il est peu probable qu’ils la trouvent auprès d’une UMP qui donne l’impression d’être déconnectée de la réalité (par exemple, lorsque Christian Estrosi parle du Fouquet’s comme d’une brasserie populaire…. même s’il explique ensuite qu’il voulait dire “réputée” ou “célèbre” par ce mot et qu’il a été sorti de son contexte). Au fond, c’est encore et toujours le Fouquets, la Rolex et le bling bling qui pèse sur Nicolas Sarkozy, malgré tous les efforts indéniables qu’il a fait pour chasser cette image.

 

La considération et l’écoute, ces catégories les trouvent soit à gauche, de façon assez logique, soit à droite, puisque Marine Le Pen a l’habilité de leur parler leur vie quotidienne avec empathie…

 

Et voilà comme on se retrouve avec une Marine Le Pen a presque 20 % d’intentions de vote dans les sondages.

Joyeux Noël 2011

C’est Noël, mais cette année, je le trouve gratiné.

D’abord, il y a cette grève des agents de sécurité des aéroports. Le problème semble grossi à l’approche des fêtes, pour stigmatiser les vilains grévistes qui privent de Noël de braves gens. Mais pourtant, tout le monde a l’air de trouver ça normal que la sécurité soit sous traitée à des sociétés privées qui paient mal leurs salariés et peuvent les virer comme ça. Une sorte de mercenariat de la sécurité. Le gouvernement essaie de casser plus ou moins la grève en remplaçant les grévistes par des policiers, ce qu’il ferait mieux de généraliser… Mais il faudrait embaucher… En tout cas, la grève est reconduite. Ça occasione des gracieusetés, Hollande ayant critiqué l’action du gouvernement dans l’affaire, Wauquiez fait sa Morano et rétorque qu’avec Hollande, les Français passeraient Noël à l’aéroport. On sent derrière cette assertion, un message destinée à la frange très à droite de l’électorat de l’UMP, à partir de maintenant, on ne laisse plus rien passer, on ne cède plus rien aux grévistes, etc. Les malheureux employés des sociétés de sécurité vont faire les frais de la campagne électorale, j’espère qu’ils ne lâcheront pas.

Autre fait d’actu : les conséquences de la politique pro FN du gouvernement, et la circulaire sur les étudiants étrangers que Guéant va devoir adapter. Extrait d’un article de Libé :

“Le texte contesté demande aux préfets d’instruire «avec rigueur» les demandes d’autorisation de travail des étudiants, et d’exercer un«contrôle approfondi» des demandes de changement de statut des étudiants étrangers.

Après sa publication, de nombreux diplômés étrangers, dont certains très qualifiés, qui avaient été recrutés dans des entreprises françaises, n’ont pas pu obtenir un changement de statut (d’étudiant à salarié), un sujet d’inquiétude pour universités et grandes écoles, ainsi que pour le Medef.”

Ah voilà. Le Medef s’émeut. Nous aurions tout de même besoin de diplomés étrangers. Fou, non ? Enfin, si Sarko veut jouer à l’apprenti sorcier, ou au con, il n’a qu’à interdire la présence d’étudiants étrangers sur le sol français. Voilà qui donnera à la France une admirable prestance internationale.

Puis, la loi sur la pénalisation de la négation des génocides, la loi qu’il fallait absolument voter le 22 décembre. Je n’ai rien lu là dessus, pas eu le temps. S’agit-il de vexer définitivement la Turquie, de façon à compromettre totalement son entrée dans l’UE ? Ou de s’attirer les votes des Arméniens de France ? Je ne pige pas. On est cependant confondu par la très grande subtilité diplomatique de la chose.

Après, Sarkofrance publie un post très pertinent sur les journalistes qui en 2007, ont cédé aux sirènes du story telling sarkozyste. Dans ce post, une photo. A la voir, à contempler cette complaisance, on a la chair de poule.

Slovar, enfin, évoque la visite de Nicolas Sarkozy aux restos du coeur de Vitry-sur-Seine. J’ai totalement zappé la visite, heureusement qu’il y a les blogs. Ecoeurante visite. Elle est évoqué par un article du Figaro dont le titre est “Sarkozy fête Noël avant l’heure“. Et le chapo : Le chef de l’État a visité jeudi les Restos du cœur et reçu des prêtres à dîner à l’Élysée. Et la première phrase : Voici donc Noël, et le temps des «bonnes actions». Comment ? Non comment.

Sarko a fait sa BA…

Joyeux Noël ? Oui, par principe, Joyeux Noël !